Carte blanche de Didier Rance

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10 avril 2021 : Télescopage

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Le télescopage récent de deux informations est une illustration forte, certains diront un symptôme de plus, du monde dans lequel nous vivons. La première c’est le babyflop dans plusieurs pays d’Europe (et ailleurs) lors du premier confinement. Baby-flop, un de ces termes que les experts et les média inventent à tour de bras, à savoir un sérieux tassement des naissances, contrairement à toutes les prévisions de babyboom. Plus forte baisse depuis plus de 40 ns, et même, en France, chiffre de naissances le plus bas depuis 1945. Selon les experts, l’incertitude, l’angoisse aiguë et le climat de peur sont les principales causes de ce baby-flop – alors même que la plupart d’entre nous avons vécu ce premier confinement moins incertains, angoissés ou dans la peur que ceux qui ont suivis. Voilà qui promet.

Deuxième information, elle aussi à propos de la pandémie et de ses conséquences : un hebdomadaire titre ainsi sa Une :« Pourquoi les animaux nous font du bien »  – je précise tout de suite que, comme vous, je le savais déjà et que par exemple, entendre les oiseaux au point du jour déclenche en moi des mots de louange tous les matins).  Un dossier suit (long selon les critères de ce journal) à savoir une dizaine de pages dont cinq entièrement consacrées à la traduction d’un article du Spiegel de Hambourg expliquant chiffres à l’appui, que, je cite, que « chez beaucoup de gens est née pendant le confinement l’envie d’un compagnon avec qui ils pourraient partager leur temps et qui apporterait un peu de légèreté au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles”.

Outre ce que révèle sur elle-même une société qui ne veut pas d’enfants mais réclame toujours plus aux animaux de compagnie, les réactions des articles sur ces deux informations sont non moins caractéristiques : la chute démographique est vue surtout comme un problème économique (dit brutalement : qui fera tourner la machine et paiera nos retraites ?), celles  sur les animaux traite d’anthropologie générale, de philosophique, de droits des animaux, bref de ce qui est aujourd’hui l’essentiel, et non pas que l’humanité ait une descendance, un avenir ou non ! Pauvre monde !

Didier Rance

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