Carte blanche de Didier Rance

Podcasts

9/11/2019 : Une fable contemporaine

20160826_135514

La nuit. Tout dort dans cette maison. Soudain un cri : « Au feu ! La maison brûle ». Tous se lèvent en sursaut. Certains, mais pas tous loin s’en faut, croient sentir une vague odeur de brûlé, peut-être, mais on ne voit aucune flamme. On s’interpelle de chambre en chambre : qui a crié ? Pas moi. Pas moi. Moi non plus. Mais alors, cela vient de dehors. Tous ouvrent leur fenêtre. Et que voient-ils ? On dirait une gamine, la tête couverte d’un casque de pompier. On ne distingue pas très bien ce qu’elle porte, ni ce qu’elle a à la main. Aussitôt l’attention de tous est braquée sur elle et les discussions fusent d’une fenêtre à l’autre : « Regardez son T-shirt, c’est une publicité (pour qui ? pour quoi ? les avis divergent) ». Qu’a-t-elle à la main ? Un petit seau sea ? vide ou plen ? S’il y avait vraiment le feu ce serait ridicule. Et que fait-elle la nuit dehors. Ne serait-elle pas mieux au lit ?  L’un ajoute « Vous allez la croire ? » Et il cite de façon sententieuse la Bible « Malheur à la ville dont le prince est un enfant ».

En bas, celle que les uns appellent la jeune fille et d’autres la gamine répète sans cesse « Au feu ! La maison brûle », comme une litanie selon les uns, une rengaine selon les autres. Certains lui crient alors de se taire, tandis que d’autres répliquent « A-t-elle vraiment tort ? » Et rappellent qu’eux ont lu les résultats d’une enquête d’experts sur leur maison concluant à de sérieux risques d’incendie. Mais pas plus que les autres ils ne descendent pour voir, alors que derrière eux la maison effectivement brûle et que plutôt que de disputer à propos de celle qui crie « au feu » il est plus que temps de s’unir pour éteindre les flammes.

Je pourrais ajouter : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou avec des faits réels ne serait que coïncidence fortuite », comme on l’écrit de façon hypocrite ; vous avez tous compris de qui et de quoi je parle. Cette fable m’est venue suite à une éniéme discussion à propos de cette jeune suédoise dont nous connaissons tous le nom, et je vous la propose en modeste contribution sur une question vitale et sur les façons dont beaucoup, sont tentés de  l’esquiver en regardant le doigt et non la lune, moi comme les autres.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *