Carte blanche de Didier Rance

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8/02/2020 : Machines

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Un smartphone peut bien avoir, comme son nom le proclame, une apparence plus smart, – en français : chic et maline – qu’un laminoir à chaud d’aciérie, il n’en reste pas moins lui aussi une machine. En avons-nous vraiment conscience, quand nous l’ouvrons et surtout quand l’ouvrir le matin pour se jeter sur cette page-ci ou cette page-là devient une addiction, une pathologie aux symptômes aussi évidents, ce sont les mêmes peut-être, que la cigarette, le calva du matin ou les deux pour d’autres toxicomanes ? Et donc que nous sommes peut-être devenus les esclaves de cette machine-là aussi.

Quand nous prenons conscience de cette dépendance, plus évidente et pour cela bien mieux cachée, envers un smartphone ou un écran de tablette qu’en vers un laminoir ou un marteau-pilon, la tentation de le jeter a peut-être quelque chose de sain, mais il y a mieux à faire.

Bien avant l’invention et même le rêve du smartphone, Bernanos, dans un article d’un quotidien brésilien, en janvier 1945, avait déjà tout compris sur ce problème : « Le danger, écrivait-il,  n’est pas dans les machines, sinon nous devrions faire ce rêve absurde de les détruire par la force, à la manière des iconoclastes qui, en brisant les images, se flattaient d’anéantir aussi les croyances ».

Comme c’est vrai ! Même croyants, nous consacrons bien plus de temps devant les images de nos écrans que devant le Saint-Sacrement ou devant nos icones et cela induit en nous une vraie « religion », celle que promettent ces images. Mais Bernanos poursuivait : « Le danger n’est pas dans la multiplication des machines mais dans le nombre sans cesse croissant d’hommes habitués, dès leur l’enfance, à ne désirer que ce que les machines peuvent donner… Non, le danger n’est pas dans les machines, car il n’est pas d’autre danger pour l’homme que l’homme même ».

Encore plus vrai : nous, et nos enfants sommes toujours plus « habitués à ne désirer que ce que les machines peuvent donner ». Où va notre désir ? Confondre ce que nous offre les machines et ce pour quoi notre cœur a été créé, là est le vrai combat.  Et ce n’est pas un combat entre l’homme et la machine, mais bien entre hommes et , surtout, à l’intérieur de chacun de nous.

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