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Joie

Carte blanche de Didier Rance 06h07

 

Vous vous souvenez de la dernière fois où vous avez été joyeux. Franchement joyeux, de la vraie joie qui vous tombe dessus, vous dilate le cœur et même vous saisit de façon aussi poignante que la douleur, la « joie parfaite » dont parle Jésus, qui ajoute que nous la recevons quand nous demandons à Dieu en son nom, et quoi ? quand nous demandons en nom au Père ce que l’Esprit Saint que nous fêtons en cette Pentecôte nous inspire, les mots de Jésus : « Que ta volonté soit faite ». Alors tout ce que recevons est joie parfaite, car notre Père du Ciel est parfait. C’est cela la joie chrétienne, dont Chesterton nous dit : La joie, qui était la petite publicité du païen, est le secret gigantesque du chrétien ».

Cette joie est si spécifique qu’on ne peut la confondre avec le plaisir, encore moins avec l’assouvissement. Elle est toujours don de l’Esprit, irruption inattendue dans notre vie, elle ne peut produite ou fabriquée par nous de quelque façon que ce soit. Elle peut nous saisir même au milieu des souffrances, des épreuves, car nous saisit que Dieu est Dieu et qu’il nous aime. Elle nous bouscule et bouscule le déterminisme du monde. Elle est comme quand la nuit le ciel un ciel plombé de nuages d’encre soudain, entre deux nuages, une étoile brille.

P Alors je répète : « Vous vous souvenez de la dernière fois où vous avez été joyeux ? Vraiment joyeux ? ». Si c’est aujourd’hui, bienheureux êtes-vous.  Si vous pensez « jamais », en êtes-vous sûrs ? Sinon, demandez-là au nom de Jésus. Mais peut-être avez-vous l’impression que cette joie a déserté les rivages du monde ; si c’est le cas, demandons-nous si nous n’y sommes pas pour quelque chose. St François de Sales, à qui on parlait un jour d’un homme fort pieux mais toujours triste, disait « Un saint triste, c’est un triste saint ».

Et comme la joie est surprise, il faut toujours se tenir prêt, dans une attitude d’accueil, d’ouverture. Ce qui s’oppose à la joie chrétienne, ce n’est ni le malheur, ni les épreuves, c’est d’être blasé. Regardez deux petits enfants à qui on offre le même cadeau. Celui qui a déjà tout ne sourira même plus, mais quelle fête pour celui qui n’a rien !

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