Carte blanche de Didier Rance

Podcasts

3 octobre 2020 : Le Poireau

20160826_135514

Aujourd’hui, une chronique plus légère, sur le poireau.  C’est un des légumes, pas si fréquents, indigène en Europe (même si beaucoup lui prêtent une origine égyptienne). Il était déjà apprécié des Romains et si sa symbolique amoureuse est facile, on lui attribuait d’autres vertus, ainsi celle d’éclaircir la voix – Néron était surnommé l’« avaleur de poireaux » – il en mangeait beaucoup. Il est aussi assimilé dès les temps les plus anciens au pouvoir et à la victoire : on dit que le Pharaon Khéops, celui de la grande pyramide, en offrait à ses guerriers les plus valeureux. Le Moyen-Âge en fit un légume de soupe.  Plus tard, notre langue argotique lui doit plusieurs expressions, dont la plus célèbre est « poireauter », attendre en restant droit comme ce légume…

Les vertus aujourd’hui reconnues au poireau ne sont plus vraiment celles de l’Antiquité (encore que les exploits sportifs des rugbymen gallois, un petit pays qui tient tête et souvent l’emporte sur les plus grands d’Europe sur tous les stades, montre que son association aux valeurs guerrières perdure), mais plutôt sa richesse en fibres, qui favorise le transit intestinal et ses composants mucilagineux qui adoucissent les parois partout où passe qui  lui valent aujourd’hui sa réputation.

Le poireau est un légume malléable, qui se prête à bien des préparations, et c’est à vous de choisir comment vous le préférez. Il serait réducteur d’en faire un champion de la seule soupe, avec les pommes de terre-carotte et éventuellement navets. On peut le cuire à l’eau, à la vapeur, à la poêle, en wok, ou sur un fond de beurre dans une casserole. Le jeune poireau est tendre comme tous les enfants, et se prête fort bien à être mangé cru, que ce soit en apéritif ou dans la salade. Le poireau et d’un naturel conciliant et se prête à des mariages, que ce soit dans la soupe, avec d’autres légumes ou comme garniture, voire en bouquet de garniture avec quelques herbes aromatiques, avec des viandes ou des poissons. Les gourmets l’apprécient en gratin. Quant à lui, il apprécie la compagnie d’épices tels que le curry, la noix muscade, les baises roses, et ne rechigne pas devant une bonne sauce blanche. Rustique et savoureux, le poireau ne mérite pas le relatif dédain dont il est la victime.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *