Carte blanche de Didier Rance

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1/02/2020 : Une religion ?

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Dans son autobiographie récemment publiée, une des figures les plus connues, et les plus omniprésentes de la scène audiovisuelle – les deux vont généralement ensemble et découlent l’une de l’autre dans le système de l’information et du spectacle – cette figure donc liquide en quelques paragraphes la « question religieuse », pour lui et les siens dans le récit de son enfance et de sa jeunesse. De Dieu, il n’est jamais question, ni du Christ. Enfance « catholique » mais lors d’un concours diocésain de catéchisme, un prêtre lui dit qu’il est de « graine de protestant » et le gamin décide que désormais il est « protestant », avec bientôt Renan comme éducateur religieux ! A quoi tient une croyance, quand elle est superficielle !  Le père emmène ses enfants à la messe, mais après la communion solennelle de la dernière, il n’y remet plus les pieds préférant les balades à cheval. En réalité, dans la famille, la religion, écrit notre héros, c’est le tennis.

On a beau lire tous les jours ou presque des témoignages sur la profondeur de l’ignorance religieuse et sur l’indifférence religieuse qui en découle, de tels mots sous la plume d’un homme censé être une intelligence brillante sidèrent. Certes, il ne s’en cache guère, doit-il beaucoup pour sa brillante réussite sociale à son entregent et son milieu, mais aussi à son travail et à des qualités intellectuelles, même s’il en rajoute quant à sa prescience politique. Oui un tel récit est à proprement parler sidérant, au sens étymologique, c’est-à-dire montre un homme, une famille, un milieu sous l’influence d’un astre mauvais, qui leur fait oublier ce qu’a été depuis sa naissance et ce que reste, par nature, l’humanité et chaque homme concret, un être religieux capable de Dieu, capable de transcendance. Chesterton écrivait que l’homme qui ne croit plus en Dieu ne croit pas en rien mais en n’importe quoi, et le saint curé d’Ars parlait d’un jour où faute d’adorer le vrai Dieu on adorerait les bêtes. Voici un adorateur d’une petite balle qu’on se renvoie derrière le filet, lui qui a été créé pour adorer le Seigneur de l’Univers et partager son amitié. Que faire sinon prier pour que le Seigneur éclaire ou du moins inquiète cet homme, et ce qui, en nous, lui est semblable.

 

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