le direct Musique sacrée

La parole contre les abus

Journée d’étude avec Père Stéphane Joulain

Il est difficile d’échapper aux nombreuses affaires d’agression sexuelle d’enfants. S’il est indispensable d’en parler, il faut toutefois pouvoir « entendre » cette parole. Pour cela, il importe de remettre la prise de parole dans son contexte herméneutique. Écouter une personne agressée n’est pas la même chose qu’écouter une personne auteure d’une agression.

Pour les victimes, la parole aide à se reconstruire et à se libérer de l’emprise de l’agresseur. Mais, parler c’est prendre le risque d’exposer sa souffrance, son impuissance, la honte imposée, ses doutes, ses désespoirs, ses errances parfois. C’est oser le regard sur un Soi fragmenté et fragile. C’est aussi prendre le risque de ne pas être écouté ni entendu et encore moins compris.

Pour l’auteur d’une agression, le silence protège, le déni de la parole (ou bien sa perversion) est une protection contre des risques d’être exposé, jugé et condamné. Alors, la parole est pervertie par des jeux de langage et, dans certains cas, c’est la Parole de Dieu elle-même qui est pervertie.

La prise de parole est risquée et difficile. Mais comment trouver de bons écoutants, prêts à entendre l’inaudible, l’insupportable, parfois l’insoutenable, l’injustifiable et l’inacceptable ? Cela demande à l’écoutant de préparer son corps, son cœur, son esprit et son âme à accueillir l’autre comme un être humain en souffrance. L’écoute d’une personne victime et l’écoute d’une personne ayant agressé sexuellement ne sont pas la même chose ; pourtant l’une et l’autre écoutes peuvent éclairer ces deux paroles souvent contradictoires.

Affiche journée d’étude

Télécharger le tract du cours  La parole contre les abus

Voir la conférence du 19 mars sur « La crise des abus : quelle conversion pour l’Eglise ? » avec Stéphane Joulain.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *