18.11.22 Camille Meyer Catégorie(s) : Actualité Sport

Coupe du monde : comment faire rimer football et foi ?

"ce n’est pas la recherche de la gloire qui doit animer le sportif mais la volonté de satisfaire et rendre heureux le public. Une vie réglée, respectueuse de l’Evangile peut permettre à sportif d'allier foi et sport." estime Guillaume Warmuz.

La 22e édition de la Coupe du monde de football débutera dimanche 20 novembre au Qatar. Evènement sportif le plus suivi sur la planète, ce mondial est l’occasion de redécouvrir le lien entre sport et religion avec Guillaume Warmuz, ancien gardien de but du RC Lens.

En avril 2020, Olivier Giroud faisait la Une du magazine Jésus. Pas étonnant, le champion du monde témoigne régulièrement.  Si les joueurs chrétiens sont, à priori, nombreux sur le circuit professionnel, ils sont peu à s’épandre sur leur foi. Guillaume Warmuz, ancien footballeur professionnel, aujourd’hui oblat bénédictin et directeur sportif à l’U.F. Mâconnais, ne s’est pas converti du jour au lendemain. C’est une recherche de sens qui lui a permis de rencontrer le Christ.

Faire rimer football et foi ?

Comment allier sport professionnel et obligations spirituelles lorsqu’on doit enchainer déplacements, entrainements et matchs ? Pour l’ancien gardien d’Arsenal, « nous pouvons toujours servir Dieu. Prier le matin avant un match, réciter le chapelet sur le chemin de l’entrainement ou participer à la messe dominicale, il existe toujours des occasions pour le sportif de nourrir sa foi. » explique-t-ilPourtant les valeurs du football moderne n’ont pas l’air d’être compatibles avec le message du Christ : idolâtrie, argent, alcools, drogues. Les footballeurs font régulièrement la joie des magazines peoples.  « Sur la question financière dans un milieu où les montants sont colossaux, l’argent doit rester simplement un moyen de gagner sa vie et non une finalité. » avertit Guillaume Warmuz, « ce n’est pas la recherche de la gloire qui doit animer le sportif mais la volonté de satisfaire et rendre heureux le public. Une vie réglée, respectueuse de l’Evangile peut permettre à sportif d’allier foi et sport. » 

Depuis plusieurs années, l’Eglise a montré un intérêt pour le football à l’image du pape François. Fidèle fan du club San Lorenzo en Argentine, il s’est vu attribué, en 2020, une carte de membre du club Boca Junior dans le cadre d’un partenariat sur l’éducation. Pour Guillaume Warmuz, cet intérêt est légitime d’une part parce que « l’Eglise a toujours reconnu que la pratique du sport était nécessaire pour le développement du corps. Que ce soit le pape Jean Paul II, athlète dès sa jeunesse, ou le pape François. Tous deux ont montré un intérêt prononcé pour le sport » et d’autre part, souligne l’oblat bénédictin, « l’Eglise peut faire évoluer les acteurs du monde footballistique à travers ses valeurs, le football rend vertueux, le sport collectif pousse à l’altruisme, au dépassement de soi et à l’acceptation de l’autre, le football amène une véritable discipline, valeur tout autant cardinale dans la vie spirituelle. »

Et le patronage ?

L’ancien portier des Sang et Or estime que « la présence catholique reste timide dans l’engagement sportif contrairement à d’autre confessions. ». Jusqu’à la fin du 19e siècle, l’Eglise a encadré l’éducation sportive de nombreux jeunes, « il faut souffler sur les braises du patronage afin de raviver la flamme du sport catholique » conclut Guillaume Warmuz, « le patronage est un formidable moyen de partager les valeurs communes d’amour et de compréhension de l’autre, mises en pratiques par le sport. Le patronage est aussi une occasion d’éduquer les jeunes générations dans un esprit catholique afin de former la société de demain. »

En attendant que le feu prenne, la France jouera son premier match mardi 22 novembre à 20h, heure française, ils affronteront l’Australie.

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