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Mgr Pascal Gollnisch : “Le pape est venu apporter un moment de résurrection en plein Carême”

Au lendemain du voyage historique du pape François en Irak, Mgr Gollnisch qui a pris place parmi la délégation papale, raconte au micro d’Yves Delafoy, dans Le Choix de la Rédaction du jour, les moments les plus marquants de ce séjour.

Franso Hariri Stadium. Pope Francis celebrates the Holy Mass to the Iraqi Christians.. Pope Fencis arrives to the stadium. Erbil, Iraq, March 8, 2021. Photo by Bertalan Feher/Zuma Wire/ABACAPRESS.COM Jorge Mario Bergoglio Pope Francis Pape Francois I Pape Francois 1er Pape Francois Francesco Francis I Francois 1er Francois I Francis Francois (pape) Bergoglio Jorge Mario Francisco Francisco I Francois (pape) Francisco Francis Bergoglio Jorge Mario Jorge Mario Bergoglio Francisco I Francois I Pape Francois I Pope Francis Pape Francois 1er Francesco Francis I Francois 1er Pape Francois | 758415_001 Erbil Irak Iraq
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Quelques heures après son retour de voyage auprès du pape François en Irak, le père Pascal Gollnisch ne saurait compter les images marquantes qui ont jalonné ce séjour. S’il fallait n’en retenir qu’une, le directeur de l’Œuvre d’Orient s’arrête sur cette scène d’une grande humilité au cœur des ruines de Mossoul où le pape s’est arrêté. Les autorités n’ont pu accueillir le Souverain pontife dans une église encore debout. Le pape a donc pris place au milieu d’une place vide, entourée de murs éventrés, ornée d’une simple croix en bois. C’est là que trônait  jadis l’une des églises les plus anciennes de la ville, fief de Daech en 2016. “Daech a observé un recul de civilisation incroyable. Daech a réouvert un marché d’esclaves et a fait des ces villes irakiennes, des lieux où le mal a été poussé à son maximum”, commente le père Gollnisch. 

Pâques en plein Carême

Mais après les ténèbres, ne vient-il pas toujours la lumière ?* C’est ce que laisse entendre l’arrivée du pape en grandes pompes sur ces terres meurtries. « C’était la première fois que quelque chose de positif arrivait depuis 40 ans. Les Irakiens ont, tour à tour, connu des villages kurdes gazés, la guerre Iran-Irak, les deux interventions occidentales, entre les deux un blocus économique qui a fait 1 million de morts dont 500 000 enfants, puis les exactions de Daech”, énumère Mgr Gollnisch. Alors voir le pape à Karacoche, ville qui recense la plus grande communauté chrétienne d’Irak, donnait l’impression d’être à “Pâques en plein Carême”. Si les autorités religieuses et irakiennes s’attendaient à ce que les chrétiens locaux acclament leur chef spirituel, une inconnue demeurait, celle de savoir comment les musulmans irakiens, chiites et sunnites, réagiraient. Par surprise, “grâce au charisme très particulier du pape, le cœur des chiites et sunnites a été touché”. 

Le voyage du pape avait à ce titre trois objectifs : renforcer le dialogue interreligieux, donner du respect aux Irakiens et leur assurer le respect d’eux-mêmes et enfin, commencer à se tourner vers l’avenir. “Il est désormais nécessaire de répondre aux attentes des nouvelles générations.” Nouvelles générations qui sont particulièrement représentées en Irak puisque l’âge médian tourne autour de 20 ans (contre 40 en France). 

(Re)construire l’Irak sur des bases humanistes

Pour ce faire, l’éducation compte parmi les outils les plus efficaces pour relever la jeunesse. A ce titre, “l’Eglise a un rôle important à jouer”, précise Mgr Gollnisch. “Un rôle d’humanisme et de valeurs”. « C’est vrai que ça ne rentre pas dans les cadres politiciens et économiques. On a l’impression que ça ne sert à rien« , souffle Mgr Gollnisch. « En réalité, c’est l’essentiel et je pense que nous aideront ce pays en lui donnant la possibilité de se construire sur des bases humanistes ». Le dialogue entre l’Eglise et l’Irak ne date pourtant pas d’hier. Maintes et maintes fois, des évêques se sont rendus en Irak depuis des années pour rencontrer des autorités chiites. Et inversement, celles-ci se sont rendues à Paris pour échanger avec des membres de la Conférence des évêques de France. Le dialogue n’est certes pas né en mars 2021 avec la rencontre du pape et de l’Ayatollah. Il la précédait. “Cependant, jamais il n’y avait eu encore de dialogue de cette envergure. Un chemin fort est ouvert et qui j’en suis sûre portera des fruits”.

 

*Post tenebras lux, chapitre 17, verset 12, du Livre de Job dans la traduction latine de la Vulgate.