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J-2 avant le pèlerinage du pape François en Irak : le programme du Saint-Père

Un voyage certes dangereux compte-tenu du contexte sanitaire et terroriste, mais le pape François est bien déterminé à être plus que jamais proche de tous les Irakiens. Il est donc bien attendu ce 5 mars à l’aéroport de Bagdad.


Audience générale du 3 mars : « Depuis longtemps je désire rencontrer ce peuple irakien qui a tout souffert, cette église martyre sur la terre d’Abraham… Nous ferons un nouveau pas en avant dans la fraternité avec les croyants », a déclaré le pape François, « prions pour que ce voyage puisse se faire dans de bonnes conditions ».

Reporter ce pèlerinage du pape en Irak ? « Cela aurait été ennuyeux », répond Mgr Pascal Gollnisch, Directeur de l’Œuvre d’Orient, « les peuples ont besoin de se sentir respecter« . Pour autant, l’ouverture de ce voyage aux foules sera impossible vu le risque sanitaire actuel. « Le Saint-Père est déterminé à venir par souci de proximité avec tous les Irakiens qui ont souffert et qui portent un message de paix », explique le Frère Amir Jajé, dominicain irakien, spécialiste du monde chiite. Actuellement en Irak, il fait partie des organisateurs de ce pèlerinage tant attendu. « L’impatience et le grand bonheur des chrétiens » sont déjà palpables, dit-il, « toutes les rues sont décorées par les drapeaux ». Après un accueil officiel du pape par le Président et le Premier ministre, le vendredi 5 mars, le pape se rendra à la cathédrale syro-catholique Notre-Dame du Salut à Bagdad, église impactée par le terrorisme, pour y rencontrer l’ensemble du clergé. Les célébrations débuteront dès le samedi 6 mars, avec un temps fort dès 11h00 : une rencontre interreligieuse à la plaine d’Ur, « terre d’Abraham ». « A la manière des rencontres d’Assises, ce sera un temps d’encouragement au dialogue interreligieux, rassemblant la mosaïque irakienne, avec un discours de réconciliation fraternelle du Saint-Père », souligne le Frère Amir Jajé, « chiites, sunnites, chaldéens, sabéites, yézidis,… toutes les religions seront représentées ». « Il s’agit d’une rencontre est très importante pour les Irakiens mais aussi pour le monde entier », ajoute-t-il. Le Grand Ayatollah Sayyid Ali Al-Husayni Al-Sistani ne sera pas présent lors de cette rencontre car « trop âgé et fatigué », mais le pape lui rendra une visite de courtoisie quelques heures auparavant à Najaf.

>> A la rencontre de tous les Irakiens


Le rencontre symbolique du pape François avec le chef suprême des chiites Al-Sistani : deux hommes de paix

« Cette rencontre est déjà très importante, avant même la signature d’un texte commun », souligne le Frère Jajé, « après une main tendue au monde sunnite avec la signature de la déclaration d’Abou Dhabi, sur la fraternité humaine pour la paix dans le monde et la coexistence commune, le pape François se tourne désormais vers les chiites »« Les relations avec les chiites ne datent pas d’aujourd’hui », ajoute de son côté Mgr Pascal Gollnisch, Directeur général de l’Œuvre d’Orient, « régulièrement des évêques de France vont en Iran pour les rencontrer, les relations plus intenses qu’on ne le croit ».


>> Les détails du voyage apostolique en Irak

Autre temps fort : la sainte messe célébrée dès 18h00, le samedi 6 mars , en la cathédrale chaldéenne de Saint Joseph à Bagdad. Là encore résonneront des témoignages sur le vivre ensemble, notamment de la part des chrétiens et musulmans. « Nous allons chanter l’Evangile et le Coran », raconte le Frère Jajé. Le lendemain, dimanche 7 mars, le pape François est attendu dans la plaine de Ninive, pour plusieurs temps forts. A 10h00, il priera à Mossoul pour tous les chrétiens martyrs et les yézidis, et toutes les victimes de la guerre. A 11h30, François se rendra à l’église de l’Immaculée Conception de Qaraqosh où il sera accueilli par des enfants en habits traditionnels pour prononcer l’Angelus et prier pour tous les réfugiés. Il célébrera ensuite la Sainte Messe au stade Franso Hariri d’Erbil. « Ce voyage est un pèlerinage aux sources du Salut », conclut Mgr Pascal Gollnisch qui appelle de ses vœux « un nouveau synode sur le Moyen-Orient ». « 10 ans après le précédent sous le pontificat de Benoît XVI », dit-il, « il faudrait voir ce qui a été fait ou pas ».


« Nous avons peur pour le pape, pour sa sécurité personnelle et sa santé »

Au micro de Louis Daufresne, Elish Yako, chrétien chaldéen, homme d’affaires franco-irakien, secrétaire général de l’Association d’entraide des minorités d’Orient (AEMO), évoque le très symbolique pèlerinage de François en Irak ce 5 mars.