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Baptême du Christ : une première célébration sur le fleuve Jourdain depuis 54 ans

C’est une messe historique à laquelle viennent d’assister les franciscains de la Custodie de Terre Sainte. Pour la première fois depuis 54 ans et la Guerre des Six Jours, une messe vient d’être célébrée dimanche 10 janvier sur le lieu présumé du baptême de Jésus.

Crédit photo : Nadim Asfour / CTS
Crédit photo : Nadim Asfour / CTS

54 ans qu’ils l’attendaient. Les franciscains qui se rendent depuis 1641 sur le site présumé du baptême du Christ, sur la rive est du Jourdain, près de Jéricho, y sont retournés dimanche 10 janvier. C’était la première fois depuis 1967. La région avait été fermée au moment de la Guerre des Six Jours, qui a opposé Israël à l’Égypte, la Jordanie et la Syrie. Prenant sa source au Liban, et traversant tour à tour Israël, la Syrie et la Jordanie, le fleuve Jourdain est rapidement devenu un théâtre de conflits. D’autant qu’il borde deux territoires contestés : le Golan et la Cisjordanie, occupés par Israël depuis 1967. Une grande partie de ce bassin fluvial était jusqu’alors une zone militaire fermée au public et recouverte de mines et de barbelés.

Une zone interdite au public depuis 1967

Voilà 20 ans que des opérations de déminages ont été entamées. Une lueur d’espoir pour les pèlerins du monde entier avait été donnée à l’occasion du pèlerinage jubilaire du Pape Jean-Paul II en Terre Sainte. Un petit accès au site avait alors été percé avant d’être aussitôt refermé après la deuxième Intifada de septembre 2000 à février 2005. La zone de Qasr Al-Yahud, désigné comme le lieu où Jean le Baptiste a baptisé Jésus, a été depuis ratissée afin d’extraire toutes les mines. De sorte que près de 4 000 engins explosifs y ont été retirées. D’après Vatican News,  l’organisation humanitaire britannique, “Halo Trust”, est à l’origine de cette intervention qui s’est achevée en octobre 2018. Dès lors, la Custodie de Terre Sainte (¹) avait officiellement repris possession de l’église Saint Jean-Baptiste aux autorités israéliennes. En quelques mois, le lieu a été nettoyé et réhabilité afin de pouvoir accueillir pèlerins et touristes.

Un champ de mine devenu champ de prières

Une fois lavé des traces de la guerre, ce territoire biblique peut désormais tourner une nouvelle page de son histoire. Contexte sanitaire oblige, seuls quelques dizaines de prêtres catholiques, escortés par l’armée, ont pu célébrer la fête du Baptême du Seigneur, au sein de la chapelle franciscaine Saint-Jean-Baptiste. Construit dans les années 1930, l’édifice est érigé côté Cisjordanie et placée sous l’autorité du COGAT (Administration civile israélienne dans les Territoires palestiniens). D’après nos confrères du Times of Israel, la messe a été officiée par le père Francesco Patton, custode franciscain en Terre Sainte (²), en présence de l’ambassadeur du Vatican en Israël, l’archevêque Leopoldo Girelli. Peu après l’Eucharistie, ils ont clos cette célébration par une inscription, très symbolique, au registre quotidien de l’église. La dernière inscription remontait au 7 janvier 1967, signée des mains d’un prêtre anglais, Don Robert Carson, et d’un prêtre nigérian, Don Silao Umah. 54 ans et 3 jours plus tard, elle vient d’être complétée. Dans son homélie, le père Francesco Patton a rappelé combien il était heureux que « ce champ de bataille, ce champ de mines soit à nouveau un champ de paix, un champ de prière. »

 

(¹) Custodie de Terre Sainte : institution catholique responsable des intérêts de l’Église catholique en Terre sainte

(²) Custode franciscain :  ministre provincial (c’est-à-dire le supérieur majeur) des Franciscains