14.06.21 La Rédaction Radio Notre Dame Catégorie(s) : Actualité Littérature Spiritualité

Francis Lalanne : « Il m’arrive parfois de chasser les marchands du temple »

Le pèlerinage Saint-Joseph a débuté le 7 juin dernier et doit parcourir les routes de France durant plusieurs semaines reliant le Sacré-Cœur de Montmartre jusqu’au sanctuaire de Cotignac. En cette année dédiée à Saint-Joseph, la rédaction de Radio Notre Dame a donné la parole à Francis Lalanne. Ce n’est pas le personnage controversé et polémique…

Le pèlerinage Saint-Joseph a débuté le 7 juin dernier et doit parcourir les routes de France durant plusieurs semaines reliant le Sacré-Cœur de Montmartre jusqu’au sanctuaire de Cotignac. En cette année dédiée à Saint-Joseph, la rédaction de Radio Notre Dame a donné la parole à Francis Lalanne. Ce n’est pas le personnage controversé et polémique qui a répondu aux questions de Louis Daufresne, mais l’auteur d’un « Journal de Joseph » (éditions Première partie).

Quelle est votre histoire personnelle avec Saint-Joseph ? 

J’ai grandi devant l’image de Saint Joseph et mon deuxième prénom, c’est Joseph. Devant mon lit, enfant, il y avait ce tableau qui représentait Joseph portant l’enfant Jésus. Tout au long de ma vie, ce personnage a eu de l’importance. Je l’ai d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises, de manière très différente et notamment en incarnant son personnage dans le film de Jean Delannoy, Marie de Nazareth. Aussi, je dirais à travers ce livre qui a été une rencontre très poussée avec Joseph.

Ce livre est fait à partir de songes. Expliquez-nous de quoi il s’agit.

Quand je dors, je ne fais pas de rêves ou quand j’ai la sensation d’en faire, je ne m’en souviens pas au réveil. Là, il s’est passé quelque chose d’étrange. Quand j’ai commencé à jouer le rôle de Saint-Joseph. J’étais en immersion dans ce personnage durant le tournage et le soir quand je m’endormais, je me mettais à vivre la vie de Joseph en songes. Le matin au réveil, je m’en souvenais dans les moindres détails. J’ai commencé à les noter immédiatement puis cela disparaissait de mon esprit au moment où je les notais. Cette expérience est unique, et d’ailleurs le lendemain du dernier plan du film, ces songes se sont arrêtés. Je voyais les images, j’entendais les mots. Tout ça se passait en français. C’est très difficile à expliquer ce genre de choses. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais ce que j’ai vécu dans mes songes se trouve dans ce livre. C’était totalement enchevêtré, il n’y a aucune chronologie. Les scènes que je jouais, je les reportais comme tel dans le livre. J’ai vu ce que voyait Joseph, y compris dans les moments de la Nativité. Le jour où Joseph est mort sous ma plume, j’ai ressenti une tristesse infinie à l’idée de quitter ce personnage. Je suis allée m’assoir au bord de la seine et j’ai prié. J’ai demandé au Seigneur de m’envoyer un signe pour savoir si ce que j’avais vécu était un simple délire ou non. 

 

Quand vous vous êtes présenté pour jouer le personnage de Joseph, vous n’avez pas été reconnu, expliquez-nous. 

Jean Delannoy ne voulait pas de personnalité connue pour jouer dans son film. Il voulait que les spectateurs s’identifient au personnage et pas à l’acteur qui joue le personnage. Quand j’ai appris qu’il ne manquait plus que le rôle de Joseph, je me suis rendu à l’audition. C’est quelque chose qui ne m’est jamais arrivé mais ce jour-là j’étais invisible. J’ai croisé des gens que je connaissais, ils me disaient “bonjour monsieur”. C’est troublant, c’est ce qui m’a permis d’arriver devant Jean, il a arrêté le casting pour moi. Il fallait que je donne mon identité, j’ai dit dans un premier temps “je m’appelle “Joseph Chrétien” avant de finalement décliner ma vraie identité. 

Est-ce qu’on apprend des choses grâce à vos songes ? Voit-on des passages que les Evangiles ne montrent pas, Jésus adolescent par exemple ? 

Oui, c’est un des passages les plus importants de mon livre. « Comment faire accepter à un enfant qu’il est le fils de Dieu ». Il doit alors composer avec l’envie d’être lui-même, cette part de « Jésus-homme » et la part de « Jésus-Dieu ». J’ai pu l’exprimer parce que je l’ai ressenti ainsi. Ces songes montrent également Joseph dans son rôle de père, un père pas comme les autres. Car nous avons cette particularité nous chrétien de vénérer une image de la crèche qui est celle d’une famille recomposée. L’amour paternel se constitue par une action quotidienne sur l’autre. La paternité telle que nous la présente Dieu à travers Joseph s’inscrit dans la chair mais prend sa source dans l’amour.

Quel est votre regard sur la filiation ? 

Il faut avoir une réflexion sur le progrès. Dans l’esprit des gens, un progrès est forcément une évolution. Et bien moi je ne pense pas. Passer de la massue en bois à la bombe atomique, c’est incontestablement un progrès technique mais ça n’est pas une évolution humaine, c’est une involution de l’esprit humain. On doit pouvoir contester le progrès technique. Pourquoi faire en moins bien ce que la nature nous a conçu pour faire ? 

 

Il y a la figure d’exemplarité liée à Joseph et il y a Francis Lalanne qui enfourche des causes qui peuvent surprendre. Comment expliquer cela ? 

On veut me nuire parce que je porte la voix de nombreux Français qui ne veulent pas se soumettre à la pensée unique. Les médias me veulent sur leur plateau parce qu’ils savent que grâce à moi l’audience va monter. En ce moment, je défends des thèses qui ne sont pas officielles. Il m’arrive parfois de chasser les marchands du temple. 

Il y a une impasse politique en France, c’est le système électif qui empêche d’opposer à la politique politicienne la vision citoyenne de l’action civique. L’offre citoyenne est une offre qui n’existe pas dans le débat politique. Il ne faut pas d’interférence entre l’électeur et l’élu. Or là, il y a une structure qui parasite cette relation c’est le parti politique. Ainsi, l’élu n’aura de compte à rendre qu’à ses élus.  

Pour moi la mission, c’est un mouvement. La foi c’est un fleuve qui se déverse dans la mer mais l’océan recule. L’amour et la foi sont des mouvements, et je suis pour le mouvement, contre la pensée unique, aussi bien en religion qu’en politique. Le fait de marcher ensemble en se tenant la main, c’est là où je vois notre mission, et pas dans le fait d’arrêter la vie de quelqu’un à notre croyance.

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