15.06.21 Marion Duchêne Catégorie(s) : Non classé

« Décryptage » : militantisme et recherche, une union impossible ?

Les académo-militants qui confondent les amphithéâtres avec les salles de meeting et les cours avec les discours : voilà ceux que pointe du doigt la sociologue Nathalie Heinich. Eclairages au micro de Laurent Lemire.  Colère et inquiétude : c’est ce qui a poussé Nathalie Heinich, sociologue et directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique)…

Les académo-militants qui confondent les amphithéâtres avec les salles de meeting et les cours avec les discours : voilà ceux que pointe du doigt la sociologue Nathalie Heinich. Eclairages au micro de Laurent Lemire. 

Colère et inquiétude : c’est ce qui a poussé Nathalie Heinich, sociologue et directrice de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) à publier dans la collection tracts Gallimard, « Ce que le militantisme fait à la recherche ». « Toute une génération d’étudiants est abreuvée à l’idée que l’on irait à l’université pour militer… Les universitaires sont payés pour transmettre du savoir et des connaissances… », souligne-t-elle, « il ne faut pas confondre les arènes, l’arène de la recherche et de l’enseignement et l’arène des combats pour faire advenir de meilleures conditions ».

« On détourne la fonction de l’université et de la recherche »

Nathalie Heinich poursuit : « dès lors que l’on franchit la salle de cours, on devrait se retrouver seulement face à une visée de transmission du savoir et pas à une visée de transformation du monde qu’elle que soit la légitimité ». Elle estime également que cela prend la place de travaux de rechercher fondamentale : « il y a une forme d’étouffement du vrai savoir et de la vraie recherche par des idéologies et des études de genre », dit-elle, « c’est tout le temps la même rhétorique, les mêmes notions… il y a quelque chose de très mimétique qui est à l’opposé de l’esprit de la recherche, découvrir ce que l’on ne connaît pas ».

Des dangers de l’esprit « woke »

Ce qu’elle met en cause : « l’esprit woke », « une forme d’incitation à l’éveil permanent contre les discriminations qui a d’ailleurs », selon elle, « des relents de théologie protestante, il y a vraiment une dimension un petit peu totalitaire ». En France, à l’intérieur de cet esprit woke, s’est développée une réalité « très contestée par certains mais trop souvent avérée », affirme Nathalie Heinich, c’est « l’islamo-gauchisme, une forme de complaisance avec l’islamisme radical au motif qu’il faudrait soutenir des musulmans qui seraient dominés ». Pour elle, il ne s’agit que l’une des conséquences de cet éveil aux discriminations. Et elle ajoute qu’il ne s’agit pas de « mettre en garde contre cet esprit woke, mais de mettre en garde contre ce que cela produit au sein de l’université ».

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