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Voyage du Pape en Irak : programme et enjeux

À l’aube du voyage du Pape François en Irak, Louis Daufresne reçoit Elish Yako, chrétien chaldéen, homme d’affaires franco-irakien, secrétaire général de l’Association d’entraide des minorités d’Orient (AEMO) dans le Grand Témoin. Il nous en dit plus sur le programme prévu et l’importance d’une telle expédition.

Elish
Elish Yako, secrétaire général de l’Association d’entraide des minorités d’Orient, détaille le voyage du Pape en Irak.

C’est une première dans l’Histoire, jamais un pape ne s’est rendu en Irak – pays en proie au terrorisme, aux milices, à la corruption et à l’influence des puissances étrangères. Cette visite inédite a pour principal objectif d’apporter un soutien à la fragile minorité chrétienne, afin qu’elle tienne bon malgré les conflits et d’engager un dialogue interreligieux avec des représentants de l’Islam.

Quel programme pour le Pape François ?

Les journées seront très chargés pour le Souverain pontife ! En trois jours, le pape François se rendra à Bagdad pour rencontrer le patriarche de l’Église catholique chaldéenne Louis Sako, ainsi que le Premier ministre irakien, Moustafa al-Kazimi puis il se dirigera vers le palais présidentiel pour voir Barham Salih, président de la République. Le Saint-Père prononcera son premier discours dans la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel Secours – symbole des violences envers les chrétiens d’Irak depuis les attaques d’Al-Qaïda en 2010. En tout, il visitera cinq provinces irakiennes parmi lesquelles Najaf, lieu sacré de l’Islam chiite, où il rencontrera le grand ayatollah Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse de la plupart des chiites d’Irak et de nombreux chiites du monde. Une visite d’exception puisque l’homme de 90 ans n’accepte pas d’être vu en public :  » ils vont échanger pour dénoncer l’insécurité dans le pays et appeler les Irakiens à vivre en paix entre eux », précise Elish Yako.

Tout de suite après, le pape prendra l’hélicoptère pour se rendre à Ur, lieu de naissance d’Abraham selon la Bible :  » tous les religions d’Irak seront présentes, pour une prière inter-religieuse avec les sunnites, les chiites, les Yézidis et les mandéens » ajoute Elish Yako. Enfin, retour à Bagdad pour une messe à la cathédrale Sainte-Joseph en rite chaldéen.

Un espoir pour l’apaisement des tensions entre chiites et chrétiens

« Les chrétiens d’Irak n’ont pas le droit de prier en Terre Sainte, ils n’ont pas accès aux postes d’Etat, ils sont obligés de s’habiller comme les musulmans, ils n’ont pas le droit de consommer d’alcool : ils sont persécutés », décrit Elish Yako. Le pape François souhaite apaiser la situation mais malgré sa rencontre avec Ali al-Sistani, rien n’est gagné. Les chiites iraniens ont de l’influence en Irak également, et souhaitent imposer le chiisme dans le monde par l’ayatollah Khamenei. La rencontre entre le Saint-Père et le grand ayatollah Ali Sistani est donc mal perçue comme l’explique Elish Yako : « ce qui se passe en ce moment comme attentats [en Irak] était un message pour empêcher le voyage du Pape. »