le direct Musique sacrée

Lille : le Tribunal administratif signe la destruction de la chapelle Saint-Joseph

La messe est dite pour la chapelle Saint-Joseph de Lille (59). Lors de l’audience en référé du 29 décembre, le Tribunal administratif de Lille a débouté l’association Urgences patrimoine qui contestait la décision du Ministère de la Culture de ne pas classer l’édifice. L’édifice du XIXe siècle sera bien détruit.

La chapelle Saint-Joseph se situe juste derrière l'ISEN, l'école des ingénieurs du numérique.
La chapelle Saint-Joseph située derrière l’ISEN, l’école des ingénieurs du numérique, sera détruite prochainement.

Depuis plusieurs mois, l’association Urgences Patrimoine se bat aux côtés de personnalités publiques telles que Stéphane Bern, d’architectes, ou de citoyens pour faire reconnaître les qualités historiques et architecturales de la chapelle Saint-Joseph de Lille.

Alexandra Sobczak, présidente d’Urgences Patrimoine, a mené son combat jusqu’au bout pour la réhabilitation de l’édifice. Sa dernière action avait été de tenter un recours en référé après la décision du Ministère de la Culture de classer la chapelle comme d’un « intérêt patrimonial non suffisant pour justifier, à l’issue de l’instance de classement, un classement définitif [au titre de monuments historiques,ndlr] ». En effet, le classement de l’édifice aurait pu empêcher sa destruction ; seulement, le Tribunal administratif de Lille en a décidé autrement considérant qu’il n’y a pas matière à contester la décision du Ministère.

La fin d’un combat difficile

Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, Alexandra Sobczak pointe du doigt l’absence de soutiens des politiques et exprime des regrets quant au manque de réponse de la part des autorités religieuses : « Nous avons tout fait, jusqu’à la lettre au Vatican qui est restée hélas sans réponse. Nous avons cru à la justice divine. Même ceux qui n’étaient pas catholiques sont allés peut-être prier pour cette chapelle. Nous avons fait confiance à la justice des hommes et cette justice nous a laissé un goût amer ». Émue, la présidente d’Urgences Patrimoine invite les citoyens non seulement à alerter dès que possible sur les projets de destruction de monuments historiques, mais également à se mobiliser pour ne pas que « notre Histoire soit remplacée par du béton ». 

La destruction de cet édifice datant de l’époque jésuite en 1876 est prévue afin de permettre l’aménagement du campus dédié aux trois écoles d’ingénieurs du groupe Junia (ex-Yncréa) réunies autour de l’Université Catholique : l’ISA (ingénieurs agricoles, agroalimentaires, environnementaux), l’HEI (ingénieurs généralistes) et l’ISEN (ingénieurs du numérique). Les nouveaux locaux vont accueillir des laboratoires, des démonstrateurs, une serre et à l’emplacement de la chapelle : une surface de 20 000m² sera dégagée pour la construction d’un bâtiment pour les masters et les chercheurs.

Malgré sa déception, Alexandra Sobczak annonce qu’elle ne portera pas l’affaire devant le Conseil d’Etat, en raison de « la longueur de la procédure et de son coût financier« .

Des militants proches d’Aurélien Verhassel occupent la chapelle

Si le combat judiciaire semble terminé, le collectif Défense patrimoine compte « faire pression sur les pouvoirs publics en occupant physiquement la chapelle » selon un communiqué publié sur Twitter. Les militants argumentent : « il nous est insupportable qu’un édifice pluriséculaire vitrine de l’identité du quartier et de la ville […] soit sacrifié sur l’autel du développement économique de la Catho ». Dimanche 10 janvier plusieurs personnes sont montés sur le toit de l’édifice afin de défendre le patrimoine.  La vidéo a notamment été relayée par Aurélien Verhassel, proche du collectif Défense patrimoine et ancien leader du groupe Génération Identitaire de Lille, condamné en 2018 pour violences.