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“Les prophètes ne sont pas des devins, ce sont des gens qui crient », Marek Halter

L’écrivain d’origine juive, Marek Halter, était l’invité de Louis Daufresne dans Le Grand Témoin du jour. Il y a présenté son nouveau livre, « Un monde sans prophètes » (Hugo), dans lequel il s’interroge sur le concept de prophète, une sorte de contre-pouvoir qui contribue au progrès sans renier l’histoire.

LGT 23 mars

Moïse, Victor Hugo ou Mandela ont tous les trois un point commun en dépit de leurs époques et combats différents. Ils sont des prophètes selon la définition donnée par Marek Halter, invité du Grand Témoin du jour. “Les prophètes ne sont pas des devins, ce sont des gens qui crient ». A ce titre, le “prophète” se prononce nabi en hébreu, un dérivé de l’akkadien nabû qui signifie le « cri. » « L’abbé Pierre quand il va à la radio pour dire qu’il y a des gens qui meurent de faim dans la rue, il crie”, illustre l’auteur de « Un monde sans prophètes » (Hugo). 

La définition moderne du prophète

Toute personne qui crie n’est cependant pas un prophète. “Un prophète doit partager des valeurs universelles. Respecter les dix commandements suffit”, fait remarquer Marek Halter. En revanche, un prophète n’est pas toujours religieux ou même croyant. “Il peut être laïc, comme Jaurès, Victor Hugo, qui criaient en leur temps contre le pouvoir en place. C’est le principe qu’ils défendent qui importe ». Même principe avec Jean-Paul Sartre, l’un des philosophes de gauche les plus connus du 20e siècle. « Il défend des causes et c’est là où il devient un prophète”. 

Les lanceurs d’alerte, prophètes contemporains

Alors vivons-nous aujourd’hui dans un monde sans prophète ? « Il n’y a plus de prophète religieux« , répond Marek Halter. Ce n’est pas pour autant que les prophètes au sens large du terme ont disparu. On les appelle désormais “lanceurs d’alerte”. Parmi les personnalités les plus engagées du 21e siècle, Greta Thunberg n’est pourtant pas un prophète au sens que Marek Halter lui donne. En effet, “elle ne s’appuie pas sur le passé. Or, pour pouvoir avancer, il faut savoir d’où on vient”, argumente-t-il. D’ailleurs, un prophète ne peut avancer seul. Il doit être entouré, comme le prouve aujourd’hui les crises successives liées à la Covid-19. “Si nous ne préparons pas un désir collectif du bien, il y aura un désir collectif du mal. Si on va vers l’empire du Mal, ce sera de notre faute”, conclut l’écrivain d’origine juive polonaise.

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