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L’Iran : un chiisme agressif mais déclinant, face à un Pentagone intransigeant et à une riche Arabie saoudite sunnite

Ce pays de 80 millions d’habitants est, de fait, un régime théocratique.

La plus importante institution de la République islamique n’est pas élue, car elle reste sous l’influence du Guide suprême qui peut censurer le président, le gouvernement et les députés. Il dirige le Conseil des gardiens de la révolution, doté de six mollahs nommés par Khamenei actuellement guide suprême, et de six juristes élus par les parlementaires, qui veillent à la conformité des lois avec la Constitution islamique.                                         

Ils valident en outre les candidatures aux élections législatives et municipales ainsi que l’Assemblée des experts.

Hassan Rohani avait cru voir dans l’élection de Joe Biden une occasion de renouer le dialogue avec les États-Unis sur le dossier du nucléaire, voire espérer une levée des sanctions économiques mises en place par Donald Trump. Il affirmait que Téhéran et Washington pouvaient revenir « à la situation qui prévalait » sous l’ère Obama et que cela pourrait « change le cours des choses« . L’assassinat du scientifique Mohsen Fakhrizadeh, l’un des pères du programme nucléaire iranien, compromet, au moins à court terme, cette détente.

Encore au pouvoir, Donald Trump va-t-il bloquer la perspective d’une nouvelle négociation avec l’Iran? Il pourrait même contraindre Rohani, représentant de l’aile modérée du régime des mollahs, à donner des gages au camp ultraconservateur qui lorgne sur l’élection présidentielle de juin prochain. Rohani a donc accusé le « mercenaire » Israël d’être derrière le meurtre et dénoncé « les mains impitoyables de l’arrogance mondiale« , une référence aux États-Unis. Au terme de son deuxième et dernier mandat, l’ancien diplomate de 72 ans est donc pris en étau entre un Guide suprême intransigeant à l’égard de l’Occident et un Donald Trump qui pourrait profiter des quelques jours qui lui restent pour faire dérailler une future tentative de négociation.     Le climat de tension a été ravivé ces derniers jours avec le déploiement du porte-avions USS Nimitz dans ce Golfe persique qui sépare un Iran chiite d’une Arabie saoudite sunnite.

L’Iran a annoncé par ailleurs sous la pression des conservateurs, majoritaires au Parlement depuis février, qu’il relançait cette semaine les activités d’enrichissement de l’uranium à hauteur de 20%, niveau que pratiquait le pays avant l’accord de Vienne, ce qui fait encore monter les enjeux d’une éventuelle future négociation avec les Etats-Unis.

Ennemis depuis plus de 40 ans, la République islamique et Washington se sont retrouvés, par deux fois, au bord de la guerre depuis juin 2019 sur fond de tensions avec une escalade militaire dans le Golfe

Dans ce climat toujours très tendu, les Gardiens de la Révolution ont dévoilé une des bases de missiles stratégiques de (leur) marine, située sur « les rives du golfe Persique », en publiant des photos et une vidéo, mais sans préciser sa localisation exacte.

Face à l’Iran,  l’Arabie saoudite propage certes le sunnisme, mais ses habitants bénéficient d’un PIB individuel quatre fois supérieur à celui de l’iranien.

C’est le problème dominant auquel doit répondre Téhéran qui devra peut-être faire face à une révolte populaire, car le pays  bénéficie d’une élite reconnue.

Le Shah a été certes renversé, mais le peuple supportera-t-il encore longtemps  la dictature religieuse actuelle ? Une chose est certaine : la région vit sur un volcan et la France doit tout faire pour abaisser les tentions actuelles.

Quant au covid 19, il aurait déjà fait 50.000 morts et Khamenei refuse les vaccins occidentaux.