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« La majorité de ce qui est décidé par ce gouvernement est négatif en ce qui concerne la politique écologique »

Alors que s’ouvre aujourd’hui l’examen du projet de loi Climat et résilience à l’Assemblée, le camp écolo demande à ce que ce texte soit réécrit face aux nombreux manquements et incohérences. Hervé Kempf, rédacteur en chef du site Reporterre était ce matin Le Grand Témoin de la matinale pour aborder le sujet.

IMG_20210329_074343Quelque 110 000 personnes ont battu le pavé ce dimanche à la veille de l’examen du très contesté projet de loi Climat et résilience à l’Assemblée. Dans le camp écolo, les militants dénoncent le manque d’ambition de ce texte qui était censé reprendre l’essentiel des propositions de la Convention citoyenne pour le climat. Parmi les nombreuses revendications entendues durant cette marche dominicale, un slogan : “pour une vraie loi Climat, stop au blabla”. “En effet, cette loi n’est pas à la mesure des défis qui nous sont posés par la catastrophe écologique”, souligne Hervé Kempf, rédacteur en chef du site Reporterre au micro de Louis Daufresne. 

Un bilan de quinquennat médiocre sur le plan environnemental

Au regard de ce qui avait été annoncé en 2017 par le camp Macron, ce sont beaucoup de paroles, mais peu d’actes effectifs”. Du blabla donc et de la désillusion : “Ce gouvernement est très décevant. Nous avons dressé un grand bilan écologique au sein de la rédaction de Reporterre. Parmi toutes les mesures environnementales annoncées en 2017 – 169 au total – 53% ont un effet négatif sur l’environnement et seules 23% ont un effet positif. La majorité de ce qui est décidé par ce gouvernement est négatif en ce qui concerne la politique écologique ». Parmi les points à revoir selon Hervé Kempf, l’objectif “zéro artificialisation nette”, décrite comme une “urgence absolue”. 

« On bétonne à un rythme d’un département tous les dix ans »

Dans un pays comme la France, on bétonne les sols (…), on les transforme à un rythme d’un département tous les dix ans. Nous avons encore besoin de terres agricoles pour assurer la souveraineté alimentaire de notre pays et c’est un enjeu de biodiversité essentiel”, explique-t-il. Or aujourd’hui, le chapitre III de la loi Climat concernant l’artificialisation des sols permet encore quelques entorses à la règle. “La loi prévoit d’interdire les grandes surfaces de plus de 10 000m² sauf qu’il y a de multiples dérogations, notamment pour les entrepôts de e-commerce. C’est le cas d’Amazon”, s’insurge Hervé Kempf. “Monsieur Macron est persuadé que le numérique va être l’avenir de la planète et qu’il faut laisser libre cours à Amazon”, dont le modèle est basé sur “une forte empreinte carbone et contribuant à la délocalisation de l’économie”, souligne un article du site Reporterre. “On peut donc malheureusement craindre que l’artificialisation continue en France”, indique Hervé Kempf. 

Taxer les plus riches

Une autre initiative fait bondir les militants écologistes : le délit d’écocide – un outil pénal qui permet de punir des actes aux effets dramatiques sur la biosphère – a finalement été écarté du projet de loi. Côté rénovation énergétique, des incohérences sont également pointées du doigt. Désormais sera considérée comme « performante » toute opération de rénovation énergétique amenant un logement à la classe C du DPE (soit des seuils de consommation jusqu’à 3 fois plus élevés). “Je ne comprends pas qu’on n’avance pas sur des enjeux de sobriété énergétique. Il y a une irrationalité sur le domaine. C’était déjà un thème du Grenelle de 2007 !”, s’inquiète Hervé Kempf. “Ce qui manque c’est une vraie volonté.” Et des mesures fortes et symboliques comme la “taxation des plus riches”, indique le journaliste. “10% des personnes les plus riches de la planète représentent plus de 50% des émissions de gaz à effet de serre”. Et de conclure : “Il faut arrêter la croissance du monde matériel qui nous écrase, qui asphyxie notre esprit, pour que nos facultés intellectuelles, spirituelles s’épanouissent”.

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