le direct Musique sacrée

Religieux enlevés à Haïti : la CEF et la CORREF expriment leur inquiétude

Sept religieux catholiques dont deux Français ont été enlevés à Haïti ce dimanche. Les conférences religieuses haïtiennes et françaises expriment conjointement leur tristesse et leur inquiétude face à une situation d’insécurité grandissante dans le pays caraïbéen.

Faithful participate in a pilgrimage during the commemoration of Holy Friday, through the mountains of Puerto Principe (Haiti). Hundreds of members of Haitian Catholic and Voodoo religions celebrated Holy Week this Friday with a pilgrimage to the mountains of Puerto Principe amid the high climate of insecurity prevailing in the country. During the procession, some carried their passports to invoke the saints' help in obtaining a visa. Voodoo members carried candles and some of them were dressed in blue and white. EFE/ JEAN MARC HERVE ABELARD | BREfe20210403_012 Puerto Principe Haïti
EFE / JEAN MARC HERVE ABELARD | BREfe20210403_012 Puerto Principe Haïti

Sept religieux catholiques, dont cinq Haïtiens et deux Français, ont été enlevés dimanche à Haïti, a-t-on appris par l’AFP. Le groupe, composé notamment d’une religieuse et d’un prêtre français, a été kidnappé dimanche 11 avril à la Croix-des-Bouquets, commune proche de la capitale haïtienne Port-au-Prince. La société des prêtres de Saint-Jacques de Guiclan dans le Finistère a précisé ce matin sur son site que le père Michel Briand, un missionnaire breton de 67 ans, fait partie des sept religieux catholiques enlevés. Ces derniers se trouvaient en route pour assister à l’installation du père Jean Anel Joseph dans la paroisse de Galette Chambon au sein de l’archidiocèse de Port-au-Prince, lorsqu’ils ont été la cible de ravisseurs.

Une recrudescence de la violence couplée à une instabilité politique

La police locale, qui n’en est pas à sa première enquête de kidnapping, soupçonne un gang armé actif dans le secteur, baptisé « 400 Mawozo », d’être à l’origine de cet enlèvement. Depuis plusieurs mois, ce pays pauvre des Caraïbes est en proie à une recrudescence d’enlèvements contre rançon. Le pouvoir exécutif haïtien a ainsi décrété en mars dernier l’état d’urgence pour un mois dans certains quartiers de la capitale et une région de province afin de « restaurer l’autorité de l’Etat » dans des zones contrôlées par des gangs. Selon l’arrêté présidentiel, cette mesure intervient après la multiplication d’actions de bandes armées qui « séquestrent des personnes contre rançon en le déclarant ouvertement, volent et pillent des biens publics et privés, et affrontent ouvertement les forces de sécurité publique ». Cette insécurité est par ailleurs renforcée par l’instabilité politique du pays. Le président Jovenel Moïse estime que son mandat prendra fin le 7 février 2022, alors que pour l’opposition et une partie de la société civile prétend que celui-ci s’est achevé le 7 février 2021. Ce désaccord a pour origine l’élection du président à l’issue d’un scrutin truqué. N’ayant pas réussi à s’entendre sur les modalités de nouvelles élections en novembre 2019, les parlementaires haïtiens n’ont pu renouveler leur mandat. Le pays vit donc depuis un an sans Parlement.

La lassitude des religieux sur place

Les différentes communautés religieuses locales et françaises ont, depuis dimanche, exprimé leur tristesse et leur inquiétude. La Conférence haïtienne des Religieux (CHR) a d’ailleurs publiquement témoigné de sa colère face « à la situation inhumaine » traversée à Haïti « depuis plus d’une décennie« . « Il ne se passe pas un jour sans pleurs et grincements de dents et pourtant les soi-disant leaders de ce pays, tout en s’accrochant au pouvoir, sont de plus en plus impuissants« , ajoute-t-elle. Une lassitude partagée par Mgr Pierre-André Dumas, évêque de Miragoâne : « C’en est trop. L’heure est venue pour que ces actes inhumains s’arrêtent ». L’Eglise prie et se fait solidaire de toutes les victimes de cet acte crapuleux« , a-t-il précisé auprès de l’AFP.

La Conférence des évêques de France (CEF) ainsi que la Conférence des Religieux et Religieuses de France (COREF) se sont joints au chagrin de la CHR et ont déclaré, dans un communiqué commun, vouloir « assurer les catholiques d’Haïti et tous ses habitants de leur soutien et de leur prière« . « Les deux conférences enjoignent les ravisseurs de libérer les hommes et les femmes de paix qu’ils ont enlevés et de ne pas ajouter encore de la haine là où se trouvent déjà la pauvreté et l’insécurité« , ont-elles indiqué.

Avec AFP