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La laïcité, un débat qui a vingt-cinq siècles

La laïcité, une religion nationale ? C’est la question centrale de l’ouvrage de Mgr Defois qui paru le 19 mars dernier chez Salvator. Archevêque émérite de Sens-Auxerre, Mgr Defois revient sur les racines de la laïcité dans le Choix de la Rédaction, animé par Yves Delafoy.


Mgr DefoisMgr Gérard Defois le regrette, « on focalise sur 1905 mais 1905 ce n’est pas un point de départ de la laïcité, c’est presque à la limite un point d’arrivée de la laïcité. Elle s’inscrit dans un ensemble beaucoup plus large et curieusement, au mois de Mars 1905, Aristide Briand, qui est l’auteur de la loi de 1905, l’a situé dans un déroulement historique qui le fait partir du Moyen-Age » rappelle-t-il, « le débat français a fait comme si rien ne s’était dit avant 1905, alors ce que c’est toute l’histoire des chrétiens, des religions avec le pouvoir public, le pouvoir politique, qui est en cause. »

Il faut remonter à l’installation du peuple en Israël, c’est là que débute le travail de Mgr Defois, « Dès l’installation en Israël du peuple hébreu qui revenait d’Egypte, il a été question de savoir si on restait en tribu ou si on construisait une nation, si le peuple de Dieu construisait l’unité à partir à l’image des peuples qu’il y’avait à côté. » C’est au prophète Samuel que l’on demande un gouvernement et un pouvoir politique. Il nommera Saül puis David. Pour Mgr Defois, il s’agissait surtout de pouvoir faire des guerres, de façon à conquérir le territoire d’Israël. « Il y a là, une volonté d’alignement sur les réalités politiques qui ont été catastrophique pour toute l’histoire d’Israël. Il y a eu le grand moment de Salomon et après Israël a été continuellement traverser par des armées et ça été comme au moment de Jésus et de la conquête de l’empire Romain. Or justement c’est à l’occasion de cette présence de l’empire Romain et de la religion romaine que ces questions de laïcité ont commencé à être mondiale. C’est-à-dire que la religion romaine n’est pas une religion de conviction, c’est une religion d’appartenance. Chacun à sa divinité, l’essentiel c’est que l’on gagne des batailles et que l’Empire Romain marche bien. »

Vingt-cinq siècles de controverses

Sous l’Empire Romain, l’importance était dans les rites, avec les chrétiens et la Bible, c’est la Révélation qui compte, le point de vue de Dieu, les valeurs et la relation à Dieu. « C’était une croyance d’appartenance, c’est devenue une conviction d’identité comme l’explique très bien Luc Ferry dans un article. » explique Mgr Defois. Ainsi donc, la religion change de nature, elle devient un engagement et une relation, « à partir de là quelque chose s’est passé, continuellement la foi religieuse a été une contestation de la situation. » rajoute l’archevêque émérite de Sens-Auxerre.

 

Pour réécouter l’intégralité du Choix de la Rédaction avec Yves Delafoy :

 

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