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Hélène Carrère d’Encausse : son épée, le Cardinal Lustiger, la France et le tsar Nicolas II

Le 15 mars 1917, le tsar Nicolas II abdiquait à Pskov, marquant ainsi la fin de la dynastie des Romanov et du règne des tsars sur l’Empire de Russie. Dans « Le choix de la Rédaction », Hélène Carrère d’Encausse, grande spécialiste de la Russie, est revenue sur cette période de l’Histoire.

C’est après la révolution russe que les grands-parents d’Hélène Carrère d’Encausse arrivent à Paris, « j’ai une famille très européenne : russo-suédoise-allemande ». Française à 21 ans, apatride avant, la secrétaire perpétuelle de l’Académie Française a gravé son histoire, sa personnalité dans l’épée reçue le jour où elle a été choisie pour occuper le fauteuil 14 des immortels. « Les épées de l’Académie comportent des symboles qui résument la personne à qui appartient cette épée, explique Hélène Carrère d’Encausse, mon épée est tout à fait symbolique puisqu’elle comporte à la fois, je dirais en majesté, le coq gaulois, c’est ce que l’on voit en premier. La main de Clio, l’historienne, c’est une épée en forme de croix, c’est très important et elle est couronnée par St Georges terrassant le dragon, c’est le symbole de Moscou, c’est un symbole de la Russie, le pays d’une partie de mes ancêtres. (…) Mes grands-parents sont venus après la Révolution en France et je dois dire que le résultat c’est que je suis française, mais je pense que je suis l’illustration de ce qu’est la capacité de la France à transformer en Français ceux qui s’y sont installés, qui ont accueillis, hébergés par la France ». Une épée reçue des mains de l’écrivain Henri Troyat.

« Le lendemain de ma majorité, je me suis précipitée chez le juge de paix » poursuit-elle,  » je suis arrivée en lui proposant de réciter toute la Constitution et de lui chanter la Marseillaise. Je peux vous dire qu’il m’a regardé d’un air consterné, il m’a tendu un papier et m’a dit voilà votre papier de Française. J’en ai gardé une très grande amertume parce que je considère que ce n’est pas comme ça que l’on devient français. Je l’avais expliqué à Jacques Chirac quand il avait organisé une commission de la nationalité. Je lui ai dit que c’était trop important, c’était un tel honneur qu’il ne faut pas le faire comme ça ». 

Revenant aussi sur sa rencontre avec le Cardinal Lustiger, l’académicienne l’a reçu lors de son entrée à l’Académie : « J’étais terriblement impressionnée car je pensais que je n’étais à la fois pas théologienne, pas compétente sur l’histoire comparée des religions. Je m’y suis plongée, j’ai fait un très gros travail en accord avec le Cardinal Lustiger, il m’a même envoyée en Belgique chez son père spirituel. Il est pour moi véritablement le symbole du dialogue interreligieux ».

Sur son épée figure aussi un verset biblique « heureux les pacifistes », tiré du sermon sur la montagne. Pacifique, c’est ainsi qu’a été surnommé le tsar Nicolas II un temps, son histoire vous est contée par Hélène Carrère d’Encausse.

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