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Dominique Verdeilhan, chroniqueur judiciaire : « la justice au moment du procès doit donner une vérité et quelquefois cette vérité on ne l’a pas »

La justice fonctionne-telle convenablement en France ? Qui de mieux pour répondre à cette question que Dominique Verdeilhan, qui a été chroniqueur judiciaire sur France 2 et sur France TV Info pendant plus de trente ans. Il est le Grand Témoin de Louis Daufresne.

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Pour Dominique Verdeilhan, « la justice est défaillante » : il raconte cette justice qu’il a côtoyé de près durant plus de trente ans dans « L’audience est ouverte – chronique d’une justice défaillante« . (Rocher)

« Je suis sorti perturbé de ces 30 années en tant qu’homme », dit-il, « mais également en tant que chroniqueur ». « La justice au moment du procès doit donner une vérité et quelquefois cette vérité on ne l’a pas », explique Dominique Verdeilhan. Et de prendre pour exemples l’affaire d’Outreau ou encore l’affaire Grégory.

« C’est une institution lourde et compliquée, un millefeuille juridique… A chaque fait divers, le gouvernement rajoute des lois »

Dominique Verdeilhan le reconnaît : « il y a des verdicts que je n’ai pas compris ». Il estime par exemple qu’« Omar Raddad a été mal jugé ». Il explique : « c’était mal parti pour lui, on le savait, car le Président d’assises avait déjà son intime conviction et il a pesé sur les jurés… Certains jurés sont même partis pour raison médicale, car ils ne voulaient pas être complices ». Il estime également que le défenseur d’Omar Raddad, maître Vergès, en dehors de l’arène médiatique, « a été inexistant tout au long de l’audience ».

« Ce sont les journalistes qui vont chercher l’info la plupart du temps », raconte Dominique Verdeilhan. Ils sont en cela épaulés par des policiers, des gendarmes et des avocats. « Cela a été plus compliqué avec les magistrats », ajoute-t-il.

« Longtemps j’ai connu une justice qui était aussi un peu la grande muette »

Mais, ces dernières années, les choses ont changé. « La presse par ses révélations devient désormais le déclencheur de la procédure », souligne Dominique Verdeilhan. Mais attention, ajoute-t-il : « l’emballement médiatique et l’absence de conditionnel nous envoient parfois dans le mur, comme dans l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès ». Et le chroniqueur de rappeler : « ce qui m’intéresse, c’est d’’expliquer si la machine judiciaire qui broie, a fonctionné ou non… c’est normal que le peuple français le sache car c’est en son nom que la justice est rendue ».

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