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Abus sexuels dans l’Eglise de France : les évêques votent une « une contribution financière qui n’est ni une indemnisation ni une réparation »

« Responsabilité », versement d’une « contribution financière » et écoute promise aux victimes: les évêques ont adopté plusieurs résolutions ce  vendredi 26 mars en matière de lutte contre la pédocriminalité dans l’Eglise.

« L’Église veut assumer sa responsabilité devant la société en demandant pardon pour ces crimes et pour ces défaillances », ont annoncé les responsables de la Conférence des évêques de France. Les évêques ont voulu reconnaître leur responsabilité « vis-à-vis du passé, du présent, et de l’avenir », a déclaré Mgr Olivier Leborgne, l’un des vice-présidents, lors d’une conférence de presse.

Durant la traditionnelle Assemblée Plénière de mars, les évêques ont reconnu différents niveaux de responsabilités dans les abus sexuels commis dans l’Eglise. La reconnaissance d’une responsabilité de faits commis dans le passé ne faisait pas consensus au sein de la CEF, « nous reconnaissons que dans le passé des autorités ecclésiales n’ont pas su voir ni entendre et parfois n’ont pas voulu voir ni entendre, voire ont caché les faits commis, sans prêter attention au traumatisme subi par les personnes victimes ; qu’en cet aveuglement et cette surdité, des évêques et d’autres responsables ecclésiaux n’ont pas été attentifs à ces personnes, manquant ainsi gravement à la vérité de l’Évangile » peut-on lire dans un communiqué de presse, « qu’ils ont aussi omis de signaler, voire soustrait à la justice, des faits dont ils avaient connaissance et manqué de rigueur dans la gestion des archives ; qu’il y a eu de la part de certains responsables de l’Église des décisions, par exemple de nominations de prêtres, qui ont pu sous-estimer les dangers de récidive, des manques de vigilance graves lors de l’appel aux Ordres, des décisions inadaptées dans l’accueil de séminaristes ». 

>> Lettre des évêques de France aux catholiques sur la lutte contre la pédophilie

La CEF transforme la « cellule permanente » de lutte contre la pédophilie en « Conseil ».  Un service chargé de la protection des mineurs, de la lutte contre la pédophilie, la promotion de la vigilance et de la formation à la relation pastorale a été créé. Ce service sera sous la responsabilité de ce conseil de prévention et de lutte contre la pédophilie. Un référent « protection des mineurs » va être nommé. Autre annonce, la constitution d’une équipe nationale d’écoutants, en lien avec la CORREF, avec « un numéro d’appel national, sous la forme d’une association fondée par la CEF et la CORREF, et adhérant à l’association « France Victimes », de manière à bénéficier des formations de cette dernière » mais rappelant « que l’adresse mail [email protected] est maintenue » et confiée au nouveau Service national.

La création d’un « tribunal pénal canonique (pour le droit de l’Eglise) interdiocésain national » est aussi une nouvelle mesure.

Une contribution financière qui n’est ni une indemnisation ni une réparation

Les évêques catholiques ont exprimé vendredi la volonté de l’Eglise d' »assumer sa responsabilité devant la société en demande pardon » pour les crimes de pédocriminalité commis par ses membres et se sont mis d’accord pour verser aux victimes une « contribution financière » dont le montant sera « forfaitaire« . « Une contribution pour aider les personnes qui ont été victimes de ces faits à pouvoir se reconstruire » précise Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil et vice-président de la Conférence des évêques de France. Cette contribution sera financée par un « fonds de dotation ad hoc » et déterminée par « une instance indépendante d’assistance » qui aura la charge « d’examiner les demandes et de décider les attributions dans la limite des capacités d’un fonds », a précisé la CEF.

Cette contribution « n’est pas une indemnisation ni une réparation », a déclaré Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, lors d’une conférence de presse venant clore l’assemblée plénière de quelque 120 évêques qui ont voté onze résolutions, dont plusieurs en faveur de la lutte contre la pédocriminalité. Les personnes victimes pourront transmettre leur demande soit à l’évêque après avoir été informées par celui-ci des différents volets de la démarche globale de reconnaissance, soit directement à l’instance indépendante d’insistance.

« Nous, évêques, nous allons participer à ce fonds mais nous le faisons peut-être d’abord comme fidèle et nous invitons tous les fidèles qui donneraient sens  à cette contribution de pouvoir le faire avec nous » précise à nouveau Mgr Blanchet, soulignant que ces « dons » seraient à différencier de toute autre collecte comme le denier du culte.

Les évêques ont aussi décidé que le principe d’une « journée de prière » chaque année à la mémoire des victimes, voulue par le Vatican, aurait lieu le « troisième vendredi de carême » et poursuivent leur travail « en vue d’établir, si possible à Lourdes (…), l’installation d’un lieu de mémoire ».

Ces mesures interviennent à six mois des conclusions de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase) présidée par Jean-Marc Sauvé. Chargée de faire la lumière sur ces faits depuis les années 1950, elle a été mise sur pied à la demande de l’épiscopat et des instituts religieux. La Ciase a récemment estimé à « au moins 10.000 » le nombre de victimes depuis soixante-dix ans. Les questions de responsabilité et de réparations feront partie de son rapport.

Commentaires

  1. Tout cela est très édifiant, toutefois on aurait pu souhaiter que l’église ne nous rabattre pas les oreilles avec le « péché de chair » chez les hétérosexuels majeurs et responsables… comme si autre chose, (sans importance) n’existait pas au sein même de l’église!
    C’est quand même se moquer un peu de la naïveté des croyants ne pensez-vous pas?

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