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Le Pape officialise son prochain voyage apostolique

Réforme de la Curie, écologie intégrale, abus sexuels dans l’Église… Les chantiers entamés par le pape durant son pontificat sont nombreux. Il y en a un autre, cher à François, qui a certainement orienté le choix de son prochain voyage organisé à Malte en mai prochain : la question migratoire.

Ce sera donc Malte. La Salle de presse du Saint-Siège a révélé ce lundi la destination dans laquelle se rendra le Souverain pontife à la Pentecôte. Le pape dont l’agenda encore peu rempli en ce début d’année faisait craindre une éventuelle démission, se rendra donc sur cette île au sud de la Sicile le 31 mai prochain. Si le programme détaillé n’a pas encore été transmis, on sait d’ores et déjà que François visitera les îles de Malte et de Gozo, au nord-ouest de l’archipel. Il s’agit là de son 33e voyage apostolique depuis son élection. Sa dernière visite hors d’Italie remonte au 20 novembre dernier au Japon.

 

Terre de naufragés

 

Le choix de Malte comme première destination papale en 2020 n’est pas un hasard. D’une part, le pape a répondu favorablement à l’invitation du président de la République maltaise, George Vella, qu’il avait reçu en audience au Vatican en septembre dernier. D’autre part, Malte, terre de naufragés, est un symbole dans le traitement de la crise migratoire. Depuis que l’Italie a fermé ses ports aux bateaux des ONG humanitaires en 2018, ce petit Etat de l’UE d’à peine 500 000 habitants a accueilli 2700 réfugiés entre juin et septembre 2019, contre 800 en 2018 à la même période selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

 

Un pape au chevet des migrants

Or le pape François n’a de cesse d’affirmer sa position pro-migrants depuis son élection, rappelant cet été la phrase suivante : « Les migrants sont des personnes humaines, le symbole de tous les exclus de la société globalisée » six ans après sa visite sur les terres de Lampedusa, autre île au carrefour des courants migratoires. Preuve de l’importance qu’a ce dossier à ses yeux, le pape François s’était rendu seulement trois mois après son élection sur cette île italienne, dénonçant avant les vagues massives « la mondialisation de l’indifférence » envers les migrants.

Malte est d’ailleurs de par son histoire un symbole de l’immigration. En effet, le catholicisme maltais (97% de la population est catholique) remonterait au naufrage dans l’archipel de saint Paul en route pour son jugement à Rome en l’an 60. On lui attribue toute une série de miracles, dont celui d’éliminer les serpents venimeux de l’île après la morsure d’un habitant. Le bureau de presse du pape n’a donc certainement pas choisi au hasard la date du 10 février pour annoncer ce voyage officiel. Le 10 février est considéré à Malte comme la fête du naufrage de saint Paul…