le direct Musique sacrée

Entretien exceptionnel avec le nonce apostolique, Mgr Celestino Migliore : « Il y a en France une contribution des laïcs très prometteuse »

Depuis sa nomination le 11 janvier dernier par le pape François, Mgr Célestino Migliore s’est très peu exprimé dans les médias. Il a accordé une interview exceptionnelle à Yves Delafoy depuis le siège de la nonciature à Paris.

Celestino_MiglioreReprésentant du pape auprès du gouvernement français, le nonce apostolique est « un ambassadeur de l’Etat du Vatican », rappelle tout d’abord Mgr Migliore, « il assure également le lien étroit entre l’église locale et l’Eglise universelle » dans « une communion de foi et de charité ». « Ma tâche est d’informer les autorités politiques de la pensée de l’Eglise et des lignes directives du Saint-Père », souligne-t-il.


« Je n’ai pas à juger publiquement la politique de la France »


Interrogé sur la politique migratoire de la France, Mgr Migliore réagit ainsi : « je n’ai pas à juger publiquement la politique de la France ». Il constate cependant que cela nécessite une « grande solidarité au niveau européen pour l’accueil et l’intégration », travail qui, à ses yeux, « laisse parfois à désirer et d’autres fois », ajoute-t-il, « on voit qu’il y a des sursauts de solidarité… Il faut incarner ces principes dans des politiques concrètes, il faut stimuler ce concours de solidarité tout en étant réaliste vis-à-vis des différentes incarnations de cet acceuil ».


« J’ai été libre de travailler avec n’imporrte quelle délégation »


Né dans le Nord de l’Italie dans le Piémont, Mgr Migliore a été ordonné prêtre en 1977 à l’âge de 24 ans. Il a été marqué par un ancien curé de sa paroisse quand il était enfant. « Un homme exceptionnel à la disposition de toute la communauté civile 24 heures sur 24 et 7 jours par semaine ». « Il était transfiguré par cet amour et cette proximité avec tout le monde », témoigne-t-il, « je voulais être comme lui ». Alors qu’il se voyait devenir prêtre diocésain, Mgr Migliore est pourtant appelé par son évêque à rentrer dans le service diplomatique du Saint-Siège. « Je l’ai accepté, parce qu’il avait confiance en moi ». En 1992, il est ainsi nommé observateur permanent auprès du Conseil de l’Europe à Strasbourg. « J’ai apprécié de faire un travail humanitaire », dit-il, « j’ai été libre de travailler avec n’importe quelle délégation de n’importe quel pays sur des thématiques très différentes ».


Congrès Mission : « un engagement de jeunes très prometteur pour le présent et pour le futur »


Désormais représentant du pape François en France, Mgr Celestino Migliore va pouvoir présenter de potentiels futurs évêques. « Un droit de proposer trois noms », très encadré, explique-t-il.  Son regard sur l’hexagone ? « Deux choses me frappent », répond Mgr Migliore, « il y a un noyau de foi concrète qui est très forte, mais on voit aussi de plus en plus des manifestations de véritable foi , ce que notre Saint-Père appelle les ‘saints de la porte d’à côté' », souligne le nonce apostolique. Il constate également une grande contribution des laïcs : il s’agit, dit-il, « d’un engagement de jeunes très prometteur pour le présent et pour le futur comme on a pu le voir avec le Congrès Mission ».

Faut-il s’attendre à voir le pontife en France d’ici peu ? Mgr Migliore laisse planer le doute. « La ligne du pape François est de visiter d’abord les pays périphériques de l’Europe, quand il aura terminé et lorsque l’OMS décrètera officiellement la fin de la péndémie, là il y aura l’occasion d’une visite en France ».

Un entretien avec Yves Delafoy qui s’achève sur la figure de la petite Thérèse, célébrée en ce 1er octobre : « sainte Thérèse a une valeur particulière », conclut Mgr Migliore, « c’est elle qui a privilégié l’hymne à la charité de Saint-Paul, fondant sur l’amour toute sa vie chrétienne, ça c’est vraiment important ! ».

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *