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Le père Franck Derville auprès des malades du Covid-19 : « notre présence les réconforte »

Alors que dans les hôpitaux, les visites sont interdites ou strictement encadrées en cette période de confinement, les aumôniers sont bien souvent les seuls à briser la solitude des patients. Le témoignage du père Franck Derville.

Considéré comme un membre du personnel à part entière, le père Franck Derville est tous les jours à l’hôpital Cochin à Paris (14ème). Malgré le Covid-19, il n’observe pas de regain de sollicitations, mais il sait combien les familles des malades sont désemparées. A Cochin, il rend donc visite aux malades pris en charge, des patients tous âgés de plus de 30 ans.

dessins destinés à remercier les soignants

« J’ai été appelé à plusieurs reprises par des patients », explique l’aumônier de l’hôpital Cochin, « ils n’ont quasiment pas de visite ». Avant d’entrer dans leur chambre totalement isolée de l’extérieur, il faut suivre toute une procédure d’habillage respectant les consignes sanitaires : une charlotte, des lunettes, un masque, des gants, une blouse, des surchaussures. « Lorsque je les rejoins, on sent qu’ils sont heureux de voir un aumônier », explique le père Derville, « dans une hospitalisation habituelle, les médecins savent où ils vont, il y a un protocole rassurant… Dans le cas du Covid-19, c’est un peu irrationnel, c’est l’inconnu et la peur d’un risque d’aggravation de leur état, c’est très anxiogène ». D’autant que les patients suivent souvent les chaînes d’info qui tournent en boucle. Dans ce contexte tendu, les patients n’ont de liens avec leur famille que par téléphone. « Notre présence les soulage », souligne l’aumônier. Une présence qui rassure également un personnel soignant mis à rude épreuve et fatigué.

Accompagner, écouter, prier

Le père Franck Derville a également été appelé au chevet de patients en fin de vie : « cette présence de l’Eglise et pas uniquement d’un traitement médical, apporte aussi beaucoup de réconfort aux familles ».« Mais ce sont des situations très peu confortables », ajoute-t-il, « il y a quelques jours, j’ai donné l’onction  à un patient sous assistance respiratoire et sous protocole de sédation, j’ai appris qu’il était mort le lendemain ». Être avec le malade, prier à haute voix auprès de lui : « je me dis qu’il m’entend peut-être », témoigne le père Derville. Afin d’accompagner toutes les personnes isolées en ce temps de confinement, l’aumônier de l’hôpital Cochin a décidé de partager un Chemin de Croix sur la thématique de la santé. « En cette période si singulière, nous travaillons beaucoup avec les moyens technologiques modernes et les réseaux sociaux », conclut le père Franck Derville, « un coup de pouce pour l’évangélisation ».

>> Retrouvez le Chemin de Croix pour les malades et les soignants proposé par le père Franck Derville

Ce chemin de croix peut être prié à plusieurs, ou seul, à l’aide d’un smartphone. A chaque station est proposé un chant de méditation à écouter sur youtube. Pour votre confort, désactivez la lecture automatique sur youtube et revenez au chemin de croix après chaque séquence.