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Attentat de Nice : « C’est épouvantable, mais il va falloir continuer », Chantal Luchart de la Société Saint Vincent de Paul

Quelques jours après l’attentat à la basilique Notre-Dame de l’Assomption, alors que l’enquête est toujours en cours et qu’une nouvelle attaque terroriste revendiquée par l’Etat islamique a eu lieu ce lundi 2 novembre à Vienne, en Autriche, l’émotion est grande.

Les Niçois sont sidérés. Déjà marqués par le souvenir du camion fou qui avait emporté la vie de quatre-vingt-six personnes le 14 juillet 2016, les habitants ont été à nouveau touchés en plein coeur de leur ville.

Ce jeudi 29 octobre au matin, à la veille du week-end de la Toussaint, plusieurs personnes ont été blessées et trois personnes ont perdu la vie dans une église de Nice, sauvagement tuées à l’arme blanche. Nadine Devillers d’abord, une habitante du quartier âgée de 60 ans. Puis Vincent Loquès, le sacristain de Notre-Dame de l’Assomption et enfin Simone Barreto Silva, une Brésilienne de 44 ans et mère de trois enfants.

« Nous sommes tous très touchés. A un jour près, nos consoeurs étaient dans la basilique« 

Présente dans le département des Alpes Maritimes, la Société Saint-Vincent-de-Paul (SSVP), réseau de charité de proximité qui vient en aide aux personnes seules ou démunies, et intervient notamment sur le lieu même du drame, au sein de la basilique Notre-Dame de l’Assomption, est sous le choc.

« Ça a mis un coup à nos bénévoles« , confie Chantal Luchart, présidente des équipes de bénévoles de la SSVP de Nice. « Nous sommes tous très touchés. A un jour près, nos consoeurs étaient dans la basilique« . En effet, les équipes accueillent tous les vendredi matins les personnes en difficultés dans un bureau de l’église mis à leur disposition une fois par semaine.

« Ce qui s’est passé interroge tout le monde, chrétiens ou non. On ne peut qu’être horrifié par la sauvagerie de cette attaque« , poursuit Chantal Luchart qui était chez elle lorsque l’attaque a eu lieu.

« C’est épouvantable mais il va falloir continuer »

A seulement cinq minutes de la gare de Nice-Ville, la basilique est située dans un quartier d’ancienne immigration maghrébine puis d’Europe centrale, aujourd’hui devenu un lieu de grand passage où de nombreux nouveaux arrivants se sont installés et où chrétiens et musulmans vivent ensemble. Un quartier plein de vie, avec ses écoles, ses églises et ses salles de prières, ses restaurants et ses commerces halals…

A l’image du quartier, la communauté paroissiale est multiculturelle . »Nous côtoyons toutes les sensibilités, tous les milieux. Et les migrants viennent nous voir pour demander de l’aide » témoigne Chantal Luchart qui a toujours fait du bénévolat. Présidente des Conférences depuis une vingtaine d’années, elle est responsable depuis quatre ans des équipes de bénévoles de la SSVP au niveau du département et ne veut pas se résigner. « C’est épouvantable, mais il va falloir continuer« . Et d’ajouter « cela m’est déjà arrivée d’être menacé. Quand on refuse quelque chose à quelqu’un, on nous fait signe qu’on nous attend à la sortie. J’ai l’habitude, je ne m’en fait pas trop, car si on s’arrête à ça, on ne vit plus. »

Distribution alimentaire, activités pour les enfants ou temps de partage avec les personnes âgées, les propositions sont nombreuses. Mais pour le moment, « tout est en suspend« . « On va voir« , conclut Chantal Luchart, qui ne souhaite qu’une chose, « que tout s’apaise pour que tout le monde reprenne une vie normale« .

 

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