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« Conversation sur la mort » : « même pour ceux qui n’ont pas la foi, rien n’exclut un monde invisible parmi nous »

Il y a 5 ans, en décembre 2015, ils ont vécu l’immense épreuve de la mort de leur fils, Tanguy, alors âgé de 13 ans. Au micro de Christian de Cacqueray, Anne et Léonard de la Seiglière racontent comment ils ont pleinement traversé l’ultime étape de leur fils et comment il est toujours présent dans leur vie.

© Léonard de La Seiglière Tanguy avec ses parents, ses frères et sa sœur.
© Léonard de La Seiglière
Tanguy avec ses parents, ses frères et sa sœur.

Comment se sont déroulés les derniers mois de la vie de Tanguy, très malade et atteint d’une tumeur inguérissable. « Cela a été une vie encore plus importante car on savait qu’elle nous était comptée », explique sa maman, Anne, évoquant un pèlerinage à Lourdes quelques mois avant la fin : « Tanguy voulait faire le chemin de croix des malades, cela a été magnifique… on a également visité des bases aériennes car il était dingue d’avion ». La mort ? Leurs fils était totalement lucide devant elle. « Il nous a préparé à l’après », raconte Anne, « il nous disait quand vous serez heureux, je serai heureux ». « Ce que je retiens pour ma part, c’est la vérité de nos rapports avec lui notamment sur sa mort, on ne lui a rien caché », souligne Léonard, son papa, « ça libère d’un poids que d’avoir échangé avec lui ».

3 jours avant sa mort  : « papa, il n’y a pas deux vies, une sur terre et une au ciel, il n’y a qu’une, c’est la même, la mort c’est juste une marche »

« Avec cette phrase, il me semblait avoir reçu un trésor », répète Léonard, « elle redéfinit la vie dans toute sa globalité et s richesse… La Vie, c’est celle que l’on a aussi après la mort, il faut intégrer cette globalité, cette totalité ». « Tanguy m’avait dit, on restera en communication par la prière, la prière sera notre téléphone », ajoute Anne, « il nous envoie régulièrement des petits signes, des petits clins d’œil, il faut les accepter tels quels ».

« Il nous a branchés sur le Ciel »

« Quand j’ai des décisions difficiles, je me demande ce que Tanguy aurait fait », reconnaît Léonard, « c’est une présence réelle et invisible… Même pour des personnes qui n’ont pas la foi, rien n’exclut qu’il n’y ait pas un monde invisible parmi nous ». « Quand on perd un enfant, on n’a pas le choix », lance de son côté Anne, « c’est j’y vais ou j’y vais pas, ne pas y aller c’est perdre à tout jamais son espérance… Le jour où ma mort arrivera, je pense que je serai heureuse d’aller le retrouver ». Léonard, lui, estime que cette épreuve l’a « transformé en le mettant dans cette perspective divine ». « Cela me permet de relativiser beaucoup de choses au quotidien, d’avoir un peu mis de côté les faux semblants et les miroirs aux alouettes ». Et le pape de Tanguy de conclure : « ma vie terrestre devient plus riche, plus étoffée, davantage dans la perspective d’amour de mon Créateur ».