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Comment avez-vous vécu votre foi en 2020 ? Les paroissiens racontent.

En 2020, la pandémie de coronavirus et ses conséquences ont bouleversé votre foi et la manière dont vous la pratiquez. Prises de conscience personnelles, nouvelles manières de prier, besoin de célébrer la messe… Vos témoignages.

À l’entrée de l’église Saint-Justin de Levallois-Perret (92), les paroissiens arrivent un à un pour la messe de 12 h 15. Certains prennent le temps de s’arrêter et de nous raconter comment ils sont parvenu à se recentrer sur l’essentiel pendant cette année, et comment cette épreuve n’a fait que les rapprocher de Jésus-Christ.

Une année
En 2020, il a fallu revoir sa manière de rencontrer le Seigneur : prière en solitaire, suivi de la messe dans les médias… à chacun sa manière !

« Ce qui m’a énormément manqué, c’est l’eucharistie »

Marie-Claude de Bazelaire est de nature optimiste et a vu les bons côtés de la situation, « ça nous a permis de nous intérioriser, de moins nous disperser et d’aller à l’essentiel ». Lorsque cela était possible, elle se rendait aux messes, aux adorations et cette année, Marie-Claude a fait le maximum pour garder un lien avec l’Eglise. « J’ai vraiment essayé d’approfondir ma foi, et de me recentrer sur la rencontre avec le Christ ». Seule, elle s’est mise à prier plus régulièrement et de manière plus profonde. Cependant, l’absence de messes a été parfois difficile à gérer pour la paroissienne : « Ce qui m’a énormément manqué, c’est l’eucharistie, parce que pour moi c’est l’essentiel de la messe. C’est une rencontre tellement forte avec le Christ ! ».

La retransmission des messes : un soutien pendant les confinements

« Ce qui a été difficile, c’était surtout au mois de mars, lors du premier confinement puisque nous avons dû célébrer les fêtes de Pâques et du Carême seul », raconte Agnès Tranie, « ça a mis ma foi à l’épreuve mais ça l’a fortifiée ». Elle n’est pas la seule à avoir vécu cette pandémie comme une mise à l’épreuve, c’est une réflexion qui est beaucoup revenue parmi vos témoignages. Avec l’absence de messes et d’eucharistie, il a fallu trouver des manières de prier seul. Si Marie-Claude  n’a pas eu beaucoup de difficulté à approfondir sa foi par elle-même, Agnès a eu besoin d’un support médiatique : « quelques médias ont été très important, comme Radio Notre-dame d’ailleurs, ou encore KTO, qui nous ont permis de communiquer avec d’autres chrétiens, de suivre la messe du pape le matin. On se sentait moins seuls ». Enfin, l’absence de messes a fait prendre conscience à Agnès que « l’Eglise et l’eucharistie étaient essentielles dans ma vie. Quand j’ai pu reprendre l’eucharistie, je l’ai reçue avec beaucoup plus de ferveur, c’était un petit peu comme ma première communion ! ». 

Préparation au mariage et suivi des prières en ligne

C’est un mélange d’agacement et de capacité d’adaptation qui caractérisent l’année de foi de Constantin Bonnet. En tant que catholique pratiquant, il s’est senti particulièrement incompris par l’État : « j’ai vraiment vécu la fermeture des églises comme une preuve de l’ignorance du gouvernement sur le caractère indispensable de la Sainte Messe pour les catholiques ».  Il poursuit déclarant s’être senti particulièrement touché par « les discours infantilisants et réducteurs de certains membres du gouvernement » qui l’ont invité à « montrer davantage sa foi au monde ». Dans l’incapacité d’assister aux messes, Constantin Bonnet s’est tourné vers les messes en ligne proposées par le Séminaire de la Communauté de Saint-Martin, ou les rediffusions de sa paroisse le dimanche.

À 24 ans, le jeune homme faisait également partie des mariés de l’année 2020 : « en me préparant au mariage, j’ai dû apprendre à prier seul mais également à deux », explique-t-il, « nous avons eu la chance de suivre un accompagnement avec un prêtre et de profiter de deux retraites, une à distance et une en présentiel ». En octobre, il a finalement pu célébrer son union avec ces proches, et confie avoir vécu sa préparation au mariage comme « un don dans cette année difficile ». Constantin Bonnet ajoute y avoir « puisé une certaine force pour supporter les difficultés liées à l’absence de la Sainte Eucharistie ».