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Charles Personnaz : « Ce qui me frappe, c’est le dévouement des religieuses dans ces écoles »

« Renforcer l’action de la France dans la protection du patrimoine et du réseau éducatif chrétien au Moyen-Orient ». Ainsi s’intitulait le rapport remis en janvier dernier au président de la République dans lequel Charles Personnaz délivrait 35 propositions. Bonne nouvelle, l’une d’entre elles vient de voir le jour : le 1er septembre, Emmanuel Macron a crée un fond de soutien pour les écoles chrétiennes francophones.

Rencontre avec l’auteur de ce rapport, Charles Personnaz, directeur de l’Institut national du Patrimoine et chargé de mission patrimoine et culture pour l’Œuvre d’Orient. 

Pourquoi vous intéresser au Moyen-Orient?

« J’ai une vieille histoire familiale avec la Grèce », confie Charles Personnaz. Puis c’est durant ses études, notamment à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris qu’il s’intéressera particulièrement à l’histoire byzantine et au christianisme. Titulaire d’un DEA d’histoire et diplômé de l’École nationale d’administration (ENA), il débute sa carrière au ministère de la Défense, à la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives puis rejoint le ministère de la Culture en tant que secrétaire général de la direction des Musées de France. 

« Les voyages, l’Histoire, la littérature ont créé un lien, un attachement à cette région ». Et Charles Personnaz de rappeler « le bassin méditerranéen reste notre matrice commune, nous avons beaucoup de caractères communs malgré les fractures actuelles ».

Cet amoureux du patrimoine, parti entre autres en Égypte, en Irak et au Liban, a rencontré plus de cent trente personnes impliquées dans la sauvegarde du patrimoine chrétien oriental et le développement du réseau éducatif.

Une rencontre qui vous a marqué?

« Les Filles de la Charité au Caire, qui accueillent dans leurs écoles les élèves les plus pauvres. Elles leurs donnent même un déjeuner car cela n’est pas prévu par les parents. 

Les soeurs donnent un avenir à ces jeunes. Ce qui me frappe, c’est le dévouement des religieuses dans ces écoles. Il y a une passion de l’enseignement, une attention à la jeunesse qui est touchante, c’est un travail extraordinaire auquel je veux rendre hommage ».

Le fonds de soutien dédié aux écoles chrétiennes francophones d’orient, une bonne nouvelle?

La création de ce fonds, en cette période troublée au Moyen-Orient, répond à une urgence et témoigne d’une volonté politique forte. Charles Personnaz se réjouit de cette concrétisation.

« C’est un symbole très fort. La France se réinvestit dans le pilier de la francophonie et honore la fidélité réciproque car ce sont ces écoles qui la portent. L’Etat montre également sa capacité à coopérer avec les acteurs de terrain, c’est une richesse ».

Ce fonds d’État, appuyé par l’Œuvre d’Orient, recueillera des financements des collectivités territoriales, du mécénat et de fondations privées. 

Sa mission est triple : agir en faveur de la qualité de l’enseignement dans ces établissements scolaires, à travers la formation des enseignants et des cadres ; favoriser le développement de l’environnement francophone grâce à l’envoi de volontaires; améliorer la qualité de l’accueil des élèves et soutenir la scolarisation de ceux dont les familles vivent dans la précarité.

Au Moyen-Orient, plus de 400 000 élèves reçoivent un enseignement en français dans les écoles chrétiennes. Outre le facteur de cohésion et d’ouverture entre les élèves chrétiens comme musulmans, garçons et filles, riches et pauvres, la francophonie est aussi porteuse de valeurs de liberté, de fraternité, d’égalité dans ces pays marqués par la tragique actualité de ces dernières années, souligne l’Œuvre d’Orient dans son dernier communiqué.

Francophonie & Patrimoine au Moyen-Orient : en exclusivité le rapport rendu au Président de la République

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