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Il est où l’ bonheur, il est où ?

Les masques sur le visage cachent les sourires, la distanciation sociale empêche de prendre des amis dans ses bras. Et si la pandémie de coronavirus avait fait disparaître l’idée de bonheur ? C’est l’objet de l’émission Décryptage de ce mercredi 23 septembre 2020, dans laquelle Laurent Lemire reçoit Michèle Gally auteure de Le bonheur, dictionnaire historique et critique, ainsi que François Durpaire, auteur d’Une Histoire mondiale du bonheur.

Où trouver la définition du bonheur ?

Avant de chercher comment être heureux se pose le problème de la définition de ce qu’est « être heureux ». Il est difficile de retracer l’histoire du bonheur, même si elle existe. François Durpaire explique,  « Etudier la manière dont les gens vivaient il y a un millénaire c’est possible – on peut savoir dans quelle maison on vivait par exemple – , mais savoir ce qu’ils avaient dans le cœur c’est difficile. » 

Pour Michèle Gally, il n’y a pas de définition univoque.  » Il y a deux voies : il y a un bonheur plutôt spirituel, de l’ordre de la recherche de soi et puis un bonheur hédoniste qui serait du côté du plaisir. »

Le bonheur et économie, une compatibilité limitée

 » Chez les Américains, il n’y a pas de contradiction entre le bonheur et la société de consommation. Le bonheur se consomme, s’achète et se vend. » analyse François Durpaire qui cite Disneyland comme symbole de ce bonheur capitaliste. Pourtant, comme le souligne Michèle Gally,  » le bonheur imposé, les obligations à être heureux peuvent être mis en parallèle avec notre société actuelle. » Cela a pour conséquence le développement chez certains d’une pression sociale à être heureux. Même au travail il faut à tout prix respirer le bonheur, afin d’être plus productif.

Enfin, les liens entre possessions matérielles et le degré de bonheur ont depuis longtemps été établis. Toutefois, il arrive un moment où les deux courbes se séparent, c’est-à-dire comme l’illustre François Durpaire, que  » la seconde voiture va nous procurer moins de bonheur que la première. » En clair, oui, l’argent rend heureux mais jusqu’à un certain point.

Le bonheur : collectif ou individuel ?

Dans nos sociétés, le bonheur est de plus en plus perçu sous l’angle du développement personnel. Cependant, pour François Durpaire,  » Il manque un aspect de la tradition antique. A Athènes, le bonheur n’est pas confiné avec un masque à la maison ! Le bonheur est sur l’Agora, il est à la participation de la vie de la cité, on débat, on se dispute, on tranche, on vote, on participe. Le bonheur c’est créer une société meilleure. Le bonheur est aussi dans le développement collectif. »

 » Il y a cette démarche plus personnelle qui dit  »recentrez-vous sur vous-même ». On se dit qu’on ne court pas partout, qu’on ne prend pas sa voiture pour aller à tel ou tel endroit. résume Michèle Gally. Pourtant pendant le confinement et malgré les recommandations des psychologues, certains n’y arrivaient pas car trop angoissés par cet ennemi invisible.

La pandémie a rendu l’accès au bonheur collectif plus difficile, notamment par l’absence de contacts physiques ou extérieurs pendant le confinement. Le bonheur individuel a de son côté été impacté par l’angoisse d’attraper le coronavirus.