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Un clou de la Croix du Christ aurait été retrouvé par des archéologues tchèques

Des archéologues viennent de découvrir un clou qui pourrait appartenir à la Sainte-Croix dans un monastère du sud de la Bohème en République-Tchèque.

Archaeologists have discovered a shrine with a chipped part of the nail of the cross on which Jesus Christ died ("True Cross") in the monastery in Milevsko, Czech Republic, they told journalists on December 21, 2020. The six-centimetre fragment of the nail with which Jesus Christ was crucified was found in a cavity in the vault of the monastery. The lid of the box was originally made of a solid gold plate with a wrought inscription IR (pictured). Photo by Vaclav Pancer/CTK/ABACAPRESS.COM
Photo by Vaclav Pancer/CTK/ABACAPRESS.COM

C’est une découverte qui pourrait bien raviver la ferveur millénaire autour des reliques de la Passion du Christ. Des archéologues travaillant depuis plusieurs mois dans le monastère de Milevsko en République-Tchèque, l’un des plus anciens du sud de la Bohême, ont déniché ce qui s’apparente à l’un des clous de la Sainte-Croix, celle sur laquelle Jésus aurait été crucifiée.

Les chercheurs sont d’abord tombés sur un passage secret caché derrière un mur médiéval du monastère. D’après eux, cette cavité inaccessible depuis le 15e siècle aurait pu servir de salle du trésor pour les objets de valeur dissimulés lors des raids des troupes hussites au Moyen-Âge. Cette première trouvaille n’est rien à côté du « clou » du spectacle découvert un peu plus loin, à environ six centimètres sous terre : un clou de 6 centimètres de long signé d’une croix en or de 21 carats.

La République-Tchèque : un territoire riche de ses vestiges chrétiens

Ce trésor était enfermé dans un reliquaire en bois décoré d’or et d’argent. Le couvercle de la boîte aurait été constitué à l’origine d’une plaque en or massif avec une inscription forgée « IR ». D’après l’un des archéologues interrogé par les médias locaux, Jiří Šindelář : « ces lettres peuvent être comprises comme une abréviation du latin – Jésus Rex, c’est-à-dire Jésus le roi« .

Révélée hier à la presse, cette découverte détonne par sa rareté, « comparable au reliquaire de Saint-Maur », considéré comme le deuxième plus important artefact historique sur le territoire tchèque. Elle vient ainsi confirmer la place centrale de l’actuelle République-Tchèque dans l’histoire du christianisme occidental : « Des événements importants de l’époque celtique et germanique ont eu lieu ici. Il s’avère que le christianisme n’a pas commencé ici avec la mission byzantine des saints Cyrille et Méthode », a-t-il  rappelé.

L’authenticité des reliques mise en doute

Rien n’assure pourtant l’authenticité de ces reliques. D’abord parce qu’après analyse des pièces en bois à l’aide de la datation au radiocarbone, les scientifiques ont pu mettre au jour deux types de bois. Le premier, plus jeune, date du règne de Charles IV, entre 1290 et 1394. L’autre date de la période 260 à 416 après JC. Cette découverte relance par ailleurs le débat soulevé par la Catholic Encyclopedia , à savoir : le Christ a-t-il été crucifié avec trois ou quatre clous ? Une multitude de sites à travers le monde revendiquent aujourd’hui la propriété de reliques faite à partir de ces clous. Or, si l’on suit la tradition chrétienne qui n’en compte que trois, il est impossible que toutes ces supposées reliques appartiennent toutes à la Croix d’origine.

Les reliques du Christ engendrent encore aujourd’hui une adoration planétaire. Les plus connues sont exposées à la basilique Sainte-Croix-de-Jérusalem. Parmi elles, un morceau de la Croix, un Titulus Crucis (un morceau de l’écriteau placé au-dessus de la tête de Jésus lors de la Crucifixion), un clou. A Turin, le Saint-Suaire, soit le linge qui aurait recouvert le visage de Jésus de Nazareth, attire toujours autant de fidèles. Enfin à Paris, la cathédrale Notre-Dame abritait jusqu’au 15 avril 2019 dernier la couronne d’épines qui a échappé au spectaculaire incendie. Cette couronne censée avoir été posée sur la tête du Christ avant sa crucifixion, a coûté la moitié du budget annuel de la France à Saint-Louis ! Si croyants et scientifiques s’écharpent encore sur ces vestiges, une chose est sûre : ils sont devenus au fil du temps des lieux mémoriels qui témoignent de la dévotion humaine de générations en générations.

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Le monastère de Milevsko et son église.