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La Cour des comptes dénonce le manque de transparence sur les travaux de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a réclamé une enquête administrative pour démêler les « responsabilités enchevêtrées » entre l’Etat, les monuments nationaux et le clergé qui ont pu contribuer à l’incendie de 2019 à Notre-Dame de Paris. Il réclame également plus de transparence dans l’utilisation des dons.

La Cour des Comptes dénonce le manque de transparence par rapport à l’utilisation des dons pour la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Demande d’une enquête administrative

Dans son rapport, la Cour des comptes pointe du doigt une  » gestion insuffisante des risques d’incendie due à un partage complexe des responsabilités entre l’Etat, les monuments nationaux et le clergé » avant l’incendie du 15 avril 2019. « La conséquence en est que la responsabilité de la cathédrale résultait de procédures et de marchés qui n’étaient pas très clairs, avec des moyens assez faibles et des responsabilités totalement enchevêtrées », analyse Pierre Moscovici.

L’ancien ministre socialiste de l’Economie insiste sur le besoin de transparence sur le dossier de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il insiste sur France Inter : « il est regrettable –et la Cour demande que cela ait lieu maintenant– qu‘il n’y ait pas eu une enquête administrative pour tirer les leçons, car « il y a tant d’autres monuments, de cathédrales et il faut éviter que ça se reproduise ».

Pierre Moscovici s’est dit « surpris » que le ministère de la Culture n’ait pas diligenté immédiatement cette enquête pour « voir s’il y a eu défaillance, ou pas, dans la conduite du chantier ». « D’autant plus que vous découvrez que les travaux de restauration sont confiés aux mêmes entreprises après et avant l’incendie« .

La gestion des dons mise en cause

Au total, la souscription lancée au soir de l’incendie par Emmanuel Macron a permis de rassembler plus de 825 millions d’euros auprès de plus de 300 000 donateurs (particuliers, grands donateurs ou entreprises) à travers 140 pays. A cela s’ajoute 640 millions d’euros de promesses de dons. Pierre Moscovici affirme à ce titre :  » nous voulons nouer un pacte de confiance avec les donateurs, qu’ils sachent à quoi va leur argent ». 

Cependant, l’utilisation de ces dons est mise en cause par le président de la Cour des comptes. Alors que la loi du 16 juillet 2019 dit que cet argent doit servir « exclusivement au financement des travaux de conservation et de restauration de la cathédrale Notre‑Dame de Paris et de son mobilier dont l’État est propriétaire, ainsi qu’à la formation initiale et continue de professionnels disposant des compétences particulières requises pour ces travaux », ce n’est pas le cas actuellement.

 » Cet argent va d’abord aux travaux d’urgence pour la consolidation de la cathédrale, ce qui représente 165 millions d’euros. » Cependant, les dépenses de fonctionnement courantes de l’établissement public (salaires de quarante personnes, loyer du bâtiment utilisé, communication, etc.), ainsi que le loyer, la communication – de l’ordre de cinq millions d’euros par an, sont aussi financées par les dons. L’Etat doit prendre ses responsabilités  » à établissement public, il faut un financement public » conclut Pierre Moscovici.

Avec AFP

 

 

 

 

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