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Covid-19 : comment l’imaginaire interprète-t-il les épidémies ?

Et si la crise sanitaire que nous traversons, permettait à une spiritualité plus profonde de s’exprimer ? Au micro de Louis Daufresne, l’historien David Hamidovic, spécialiste du judaïsme ancien, répondait aux questions de l’écrivain et chroniqueur Vincent Petitet sur les épidémies et le rapport à Dieu.

Comment vivre la crise du coronavirus que le monde traverse depuis bientôt un an ? En dehors des problèmes économiques ou sanitaires, l’épidémie pose aussi des questions spirituelles :  y a-t-il une malédiction divine ? Comment l’imaginaire interprète-t-il les phénomènes de ce genre ?

Les récits anciens ont participé à la création d'un imaginaire collectif.
Les récits anciens, dont l’Ancien Testament, ont participé à la fabrication de croyances collectives comme la punition divine.

La punition divine comme réponse à l’incompréhension sanitaire

« Au Moyen-âge, les gens sont confrontés à l’épidémie de peste dont ils n’arrivent pas à expliquer l’origine, et donc la manière dont on comprend le monde – c’est un monde très religieux-  c’est de se référer aux plaies d’Égypte et à la punition divine » explique David Hamidovic, historien de l’Antiquité. Aujourd’hui, les peurs bibliques devraient être reléguées au cinéma mais certains retrouvent ce questionnement.

Pour rappel, les dix plaies d’Égypte se trouvent dans l’Ancien Testament. David Hamidovic rappelle,  » c’est un récit de dix catastrophes qui sont censées arriver vis-à-vis du pharaon et des Égyptiens dans la sortie d’Égypte. Moïse va les condamner si le pharaon ne les laisse pas partir. » Dans l’Antiquité, ce récit est repris pour enseigner la supériorité du Dieu d’Israël sur les autres dieux.

Questionner notre rapport à la mort

« Les crises sanitaires renvoient à notre propre conception de la mort, explique David Hamidovic, est-ce qu’on l’accepte ? est-ce qu’on la refuse ? » Le coronavirus et ses conséquences permettent à chacun de prendre un temps d’analyser son rapport à la mort et à la spiritualité. D’ailleurs actuellement, le confinement est la matérialisation de la peur extrême de ce qui peut nous arriver.

Dans l’Antiquité, le confine=ment existait déjà :  » Quand on n’arrivait pas à ramener quelqu’un dans le domaine de la pureté, on le confine pendant sept jours et après on voit  si les symptômes ont disparus. Il ne fallait pas que l’impureté contamine l’ensemble du groupe. » Les épidémies font ressortir des concepts, des réflexes qui existent depuis des siècles.

 

 

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