le direct Musique sacrée

Turquie : belliqueuse et islamiste, mais faisant encore partie d’un OTAN sans U.R.S.S.

La Turquie est un pays transcontinental situé aux confins de l’Asie et de l’Europe.

Elle possède des frontières avec la Grèce, la Bulgarie, la Géorgie, l’Arménie, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Elle est bordée au nord par la mer Noire, à l’ouest par la mer Égée et au sud par la partie orientale de la mer Méditerranée. La Turquie est une république présidentielle, sa langue officielle est le turc et sa capitale Ankara.

Le chemin vers l’adhésion à l’Union européenne s’éloigne un peu plus chaque année. Istanbul est la seule ville au monde à se situer à cheval sur deux continents.
 D’autres éléments entrent également en compte dans ce blocage européen, dont le non respect des droits humanitaires notamment : les Kurdes sont toujours victimes d’une répression brutale de la part du pouvoir. Par ailleurs, le problème des frontières avec la Grèce reste également non résolu. En effet, les îles en mer Égée, face au littoral turc et parfois à quelques centaines de mètres, appartiennent pratiquement toutes à la Grèce, ce qui provoque des tensions entre les deux pays.

La Grèce n’est donc pas prête à donner son accord à l’entrée de la Turquie dans l’Union.
 Le conflit reste larvé à Chypre, pays appartenant à l’Union européenne et divisé en deux, avec une moitié nord occupée militairement par la Turquie. 
Enfin, des dirigeants turcs, soutenus par une partie importante de leur population, souhaitent, depuis le début du siècle, se rapprocher de l’Asie de l’Ouest, au détriment de celui avec l’Europe tel qu’il a été conduit durant des décennies.

Les Turcs ont peut-être perdu patience face aux exigences de l’Union et au manque de résultats politiques. La situation du pays est stratégique : à la confluence de deux mondes qui tendent à s’opposer de plus en plus. Le pays devrait en tirer avantage, en se proposant d’être un médiateur entre européens et asiatiques. Un pari qui n’est pas gagné, car l’autoritarisme des dirigeants rend la lecture de la géopolitique turque particulièrement complexe.

Économiquement, la Turquie profite de la mondialisation des échanges. Des oléoducs traversent le pays d’est en ouest, fournissant une route différente au pétrole de la mer Caspienne, en complément de la Russie et de l’Ukraine, dans l’approvisionnement énergétique de l’Occident.    En 2019, la Turquie a dépassé les 82 millions d’habitants, et devrait atteindre les 100 millions vers 2040.

Dans une résolution adoptée, le17 septembre 2020 par 601 votes pour, 57 contre et 36 abstentions, les députés européens « condamnent les actions de la Turquie dans les zones économiques exclusives de la Grèce et de Chypre et expriment leur pleine solidarité avec les deux Etats membres ». Tout comme l’avait fait Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors de son discours prononcé devant les eurodéputés à Bruxelles.

N’oublions pas une donnée géopolitique de base : le PIB d’Ankara ne représente que 700 milliards de dollars, soit moins du quart de celui de Paris. La Turquie est donc un pays pauvre et son appartenance à l’OTAN date du risque soviétique, alors que notre différend actuel est dû à l’invasion, par Poutine, de la Crimée, territoire historiquement russe. Paris essaie d’ailleurs aujourd’hui de renouer avec Moscou).        L’OTAN est donc devenue une coque quasiment vide, et l’appartenance de la Turquie ne présente plus grand sens, d’autant plus que le président Erdogan règne en dictateur islamiste qui vient de transformer Ste Sophie en mosquée, mettant ainsi un terme politique à la laïcisation d’Atatürk, fondateur de la Turquie laïque de 1923.

Des navires de guerre français croisent dans les eaux grecques pour éviter que les recherches turques de gaz soient engagées. Ankara devient-il un nouveau centre de tension ? Merkel, Macron et Erdogan semblent aujourd’hui vouloir apaiser la crise.     Avec la Chine et Formose, la crise géopolitique semble à nouveau grave : c’est un nouveau défi pour les mois qui viennent.

Concernant notre voisin turc, son comportement semble apaisé, mais restant imprévisible. L’Europe qui lui restera interdite doit en outre rester vigilante.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *