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L’Italie : elle est très touchée par la covid-19

Comment faire réagir une économie fragile et l’antinomie nord-sud ? Avec environ 250 000 cas confirmés et 58 décès pour 100 000 habitants, l’Italie se classe au 7e rang mondial des épidémies des Covid-19 les plus meurtrières, à la mi-2020.

Premier pays à être touché par la pandémie, en dehors de l’Asie de l’Est, l’Italie a mis en place un strict confinement provoquant l’arrêt de toute activité non essentielle. La mesure entraîne une contraction record du PIB de 17,3 % par rapport à l’année précédente, au deuxième trimestre. Les mesures sanitaires ont été progressivement levées tout au long de l’été, mais, étant donné la tendance à la hausse des cas confirmés, les autorités sont prêtes à revenir sur les réouvertures. Les résultats au second semestre 2020 dépendront de l’ampleur du soutien financier de l’Etat.

Cela place l’économie italienne parmi les plus touchées du monde industriel, en raison de sa forte dépendance à l’égard de secteurs sensibles aux pandémies comme le tourisme (13 % du PIB), l’automobile (9 %), la construction (7 %), les transports (7 %) et la métallurgie (5 %).

Du côté de la demande, le gouvernement a mis en œuvre un éventail d’aides pour soutenir les revenus des ménages, notamment un régime de congés provisoires couvrant, à son apogée, environ 45 % de la main-d’œuvre du secteur privé, une allocation mensuelle de 600 euros pour les travailleurs indépendants et la suspension des paiements hypothécaires. Si ces mesures amortissent le coup porté aux revenus, la hausse de l’épargne de précaution et l’ajustement éventuel du chômage devraient entraîner une contraction de la consommation de 10 à 12 %. L’investissement privé, plus sensible à l’incertitude, devrait se contracter de 15 à 18 %.

La demande d’exportations, qui dépend essentiellement de l’Europe, se contractera de 11 à 14 %. Certaines possibilités de hausse sont conditionnés par une reprise allemande plus forte que prévu. La seule contribution attendue à la croissance proviendra donc des mesures de relance budgétaire d’urgence, qui représentent environ 5 % du PIB.

La dette publique, qui représentait déjà 133 % du PIB, atteindra alors 160 % du PIB en 2020. Toutefois, les risques associés à cette dette sont atténués par le soutien de la BCE et son programmes d’achat d’obligations. En outre, l’Italie sera le principal bénéficiaire du fonds de relance de l’U.E. de 750 milliards d’euros, dont elle recevra 209 milliards.

Le Vatican n’est pas épargné par la covid-19 : il a annoncé la découverte d’un cas positif à la résidence Sainte-Marthe, où vit le pape François. Plusieurs cas ont été aussi détectés dans la garde suisse.

L’Italie, berceau de notre civilisation et de la chrétienté, est aussi minée par l’antinomie économique et sociale entre le nord et le sud, entre Milan et Naples. Au nord nous avons l’industrie, le modernisme et la prospérité, au sud l’anarchie et la pauvreté. Depuis des mois, Naples est notamment victime de gangs. C’est l’illustration qu’à Naples, il n’y a plus vraiment de pouvoir. Personne ne commande, et pas seulement au niveau politique. Les gangs naissent du vide laissé par la Camora, victime d’un énorme turn-over : environ dix à vingt nouveaux clans apparaissent chaque année.

La situation est devenue si dramatique que certains regrettent la période des Bourbons, c’est-à-dire avant l’unité italienne, avec aussi l’idée que l’écart entre le Nord et le Sud ne sera jamais comblé.

En dehors du covid-19, c’est le défi que doit relever les gouvernants romains. L’Union Européenne, et la France en premier lieu, doivent aussi aider économiquement et politiquement cette Italie qui fait partie de notre histoire.