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L’Inde : Quel avenir pour ce géant asiatique en 2020 ? Des orages à l’horizon

Analysons les perspectives de l’Inde pour cette nouvelle année.         

1- Au niveau politique.

La coalition autour du Bharatiya Janata Party (BJP) a largement gagné les élections parlementaires de mai 2019 (349 sièges sur 542), offrant à son leader, Narendra Modi, un second mandat. Alors que le BJP avait subi des revers lors des élections partielles de mai 2018, il a bénéficié de la faiblesse et de la fragmentation de  son 2020l’opposition. En particulier, le parti du Congrès a peiné à rassembler autour de son nouveau leader, Rahul Gandhi. La marginalisation de ce parti, qui a dominé le Parlement depuis 1974, marque un tournant de la vie politique indienne : le BJP a gagné l’élection en concentrant sa campagne sur l’emploi, les investissements en infrastructure, la lutte contre la corruption et la priorité du nationalisme hindou.

2- Au niveau socio-économique.

La majeure du développement est due au boom informatique provenant essentiellement de la » Silicon Valley » indienne située à Bangalore. Troisième mégapole du sous‑continent indien après Bombay et Delhi, la ville est perçue comme la terre d’accueil des délocalisations de centres d’appels, et la pointe de la high-tech. Fleurissant à tous les coins de rue, les start-up y dessinent un monde de demain, dans une effervescence et un chaos uniques au monde. Avec 11 millions d’habitants, la croissance démographique n’a pas été contrôlée : la population de la ville a doublé en 20 ans, et aujourd’hui, elle continue de gagner 400 000 habitants par an. Or cette croissance se fait sans réelle planification : les autorités ont toléré le bétonnage des lacs, qui sont pourtant essentiels à la survie de la ville. Car, à la différence des autres métropoles indiennes, Bangalore n’a pas de rivière et ses lacs représentent sa principale réserve en eau potable et la source de recharge des nappes phréatiques. Or 80% des lacs de la région ont aujourd’hui disparu.

Cette spécificité de Bangalore fait oublier la réalité de l’économie indienne : son PIB est inférieur à celui de l’Allemagne  pour une population avoisinant celle de la Chine, soit un milliard trois cent millions d’habitants. Or Pékin, son voisin, a un PIB  cinq fois supérieur à celui de l’Inde.

Quel est, en premier lieu, le poids de l’agriculture dans un pays où les deux tiers des 1,3 milliards d’habitants vivent de la campagne (soit 600 millions) ? Ils dépendent directement des produits de leur culture. Or ce pays, qui représente aujourd’hui 17 à 20% de la population mondiale, ne détient que 4% des ressources en eau et 4% des terres agricoles.

La crise dans la paysannerie indienne s’accentue. Les causes sont nombreuses : mauvaises récoltes, démonétisation, inflation, baisse des revenus ou des salaires, prix de vente des récoltes, prix d’achat des semences, etc… La détresse est immense : en vingt ans, plus de 300 000 suicides de paysans ont été recensés.

L’Inde vit sous deux poudrières : un Bangalore se voulant le monde de demain, pouvant subir une explosion urbaine et un peuple des campagnes se soulevant avant de mourir de sa pauvreté.

Nous en arrivons au défi mondial et  majeur que nous avons souvent évoqué : la démographie incontrôlée. Le pays ne comptait que 400 millions d’Hindous en 1950 et il dépassera la Chine dans quelques années.

Un défi pour l’Inde, mais aussi pour l’O.N.U. puisque nous sommes tous concernés par le destin du cinquième de l’humanité.