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L’entente entre la France et l’Allemagne : Berlin domine l’économie européenne, mais Paris reste son partenaire politique et géopolitique privilégié.       

Le covid-19 nous touche davantage. La R.F.A était mieux préparée.                                       

L’Allemagne, la vaincue de 1945, est devenue le leader économique de l’Europe, avec comme symbole la Banque centrale  européenne (BCE) installée à Francfort. Diplomatie oblige, sa directrice est une Française, Christine Lagarde. Cette suprématie économique s’appuie sur des chiffres impressionnants :

– La R.F.A. est le quatrième PIB mondial.

– Son industrie représentant plus de 20% de ce même PIB.

– Son budget est en équilibre et souvent excédentaire.

– Sa dette est inférieure à 60% du PIB (57%).

– Son taux de chômage est de 6%.

– Sa dépense publique se situe autour de 46% du PIB. Mais le virus va tout changer. Après avoir fait plier Bruxelles, qui a suspendu le Pacte de stabilité, le Covid-19 a fait sauter les dogmes allemands en matière de discipline budgétaire. Face à une récession inévitable, Berlin adopte en Conseil des ministres un plan d’aide économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. Si le frein à l’endettement (en allemand : «Schuldenbremse») est inscrit dans la Constitution depuis 2009 (l’Etat peut contracter seulement des dettes à hauteur de 0,35% du PIB), l’article 115 permet de déroger à la règle en cas de crise économique, de catastrophe naturelle ou de situations d’urgence. «Le principe du frein à l’endettement a été payant. Il permet aujourd’hui de contracter, grâce aux économies réalisées,  des crédits illimités pour faire face à des crises exceptionnelles »,  se félicite le conservateur Lutz Lienenkämper (CDU). Le ministre des Finances des Länder de Rhénanie-du-Nord-Westphalie est le premier à avoir fait sauter le verrou en contractant, au niveau régional, de nouvelles dettes pour soutenir les entreprises.

Analysons la France et son recours massif à la dette : 400 milliards en 2020.

L’Europe financera 40 milliards sur les 100 milliards du plan de Bercy. Pour le reste, le gouvernement s’est imposé une ligne rouge : la relance ne sera pas financée par des augmentations d’impôts. Au nom du soutien à la compétitivité, les entreprises ont obtenu gain de cause sur les impôts de production, qui seront réduits de 10 milliards d’euros à partir de 2021. La baisse de l’impôt sur les sociétés sera, elle aussi, poursuivie pour atteindre comme prévu 25 % en 2022.

Les ménages ne devraient pas être mis à contribution. Le gouvernement mobilisera les 100 milliards d’euros que les Français ont épargnés pendant la crise, un montant du même ordre que le plan de relance « Il faut que les Français dépensent leur épargne », souhaite le gouvernement. Or la seule façon de les y encourager, c’est de faire le choix de la constance en matière de fiscalité. S’ils pensent que nous allons financer notre dette en augmentant les impôts, ils vont continuer à économiser ! »

Le choix assumé est donc de laisser filer la dette et de miser sur le retour de la croissance. « C’est le temps de la dépense publique », affirme-t-on désormais à Bercy. La dette publique devrait rester à 120 % du PIB, un chiffre que le ministère de l’économie  souhaite ne voir baisser qu’à partir de 2022. Les effectifs de la fonction publique d’État n’augmenteront pas en 2021. Il ne serait pas surprenant, dans ce contexte, que réapparaisse  la délicate question de la réforme des retraites.

Comme les économies des deux pys divergent gravement, d’où provient  l’entente franco-allemande ? Elle provient de leur complémentarité géopolitique : à Paris est dévolue la plupart des interventions extérieures. Citons les trois actuelles.

– Le président Macron tente de trouver une solution à la crise libanaise.

– Des navires de guerre français aident la Grèce à endiguer les prétentions turques  dans leurs recherches gazières et pétrolières.

– Les troupes françaises restent présentes au Mali.

N’oublions pas aussi que nous sommes le seul pays européen à disposer des armes de dissuasion nucléaire.

L’alliance entre Paris et Berlin est certes solide, mais nos réformes économiques restent essentielles pour conforter l’entente entre les deux pays.