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Le Brexit : le Royaume-Uni  admet-il la rupture avec l’Europe au 31 décembre 2020 ?

Le Royaume-Uni présente deux  points communs avec la France : une population de 66 millions d’habitants et un PIB presque équivalent.

En revanche sa récession,  qui avoisinera les 11%, n’entraînera qu’une dette de 104% du PIB contre 121% pour nous. Le royaume, qui a toujours conservé sa monnaie, la livre, bénéficie d’un atout important : sa production de pétrole couvre les trois quarts des besoins du pays.

Nous avons un Brexit de fait,  car le désaccord avec l’UE provient de plusieurs sources : le retrait du Royaume-Uni est déjà effectif depuis le 1er février 2020 avec  une période de transition en cours, jusqu’au 1er janvier 2021, qui scellera la rupture avec l’UE. Une étape avait été pourtant franchie avec un accord trouvé sur le cas nord-irlandais : une frontière douanière, en mer d’Irlande, étant instaurée entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord.

Plusieurs points de blocage expliquent l’intransigeance anglaise.

1 – La question nord-irlandaise qui n’est pas encore entièrement réglée.

C’est un sujet  épineux du Brexit : Bruxelles et Dublin ne voulaient pas remettre en question les accords de paix nord-irlandais de 1998 qui ont mis fin à la guerre civile sur l’île. Une frontière en mer offre donc une solution satisfaisante du point de vue européen. Mais les Britanniques refusent d’être coupés économiquement d’un morceau de leur territoire. Le principe d’une frontière maritime acté, il faut en définir des modalités qui ne remettraient pas en cause la souveraineté britannique. Un casse-tête sur lequel un comité spécifique de négociateurs planche depuis un an et qui n’est toujours pas parvenu à trouver une solution.

2 – L’accès européen aux eaux britanniques.

C’est un des sujets majeurs pour la France et l’Irlande : les pêcheurs de l’Union européenne auront-ils le droit d’accéder aux eaux britanniques ? La  négociation sur le sujet n’a pas permis d’aboutir à un consensus. La pêche dans les eaux britanniques représente environ 20% de l’activité de pêche française en Atlantique-Manche-Mer du Nord. L’accès à ces eaux est « la priorité », comme l’a expliqué Olivier Leprêtre, président du comité régional de la pêche dans les Hauts-de-France

Pour les Britanniques, laisser accessibles leurs eaux territoriales se traduit par une atteinte à leur souveraineté. La Royal Navy veut interdire l’accès à ses eaux.

Les Européens devront lâcher du lest sur ce point :« l’accès à 100% aux quotas de pêche dans la zone maritime du Royaume-Uni, on sait que c’est fini« , expliquait Clément Beaune, secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes.

3 – La manière de régler les différends entre le Royaume-Uni et l’UE

C’est une question complexe : que se passera-t-il en cas de litiges juridiques entre Londres et Bruxelles à partir du 1er janvier 2021 ? Il avait été convenu que pour les prochaines années, c’est la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) qui serait apte à trancher en cas de litige, mais le Royaume-Uni, ayant quitté l’Union, ne s’estime plus liée aux lois européennes

4 – Le risque de concurrence déloyale de la part du Royaume-Uni.

L’Union européenne exige des garanties plus strictes en matière de concurrence en échange d’un accès sans droits de douanes ni quotas au marché du continent demandé par le Royaume-Uni.

Il s’agit de déterminer des règles de concurrence équitables qui permettent d’éviter que Londres, hors de l’Union, ne s’affranchisse des normes sociales, environnementales et surtout fiscales en vigueur sur le continent.

Le Royaume Uni veut retrouver une indépendance et ne voit dans l’UE que des inconvénients. Nous rentrons dans une ère géopolitique nouvelle avec des négociations tenant compte de cette Angleterre prévoyant possible de rompre avec l’Europe.

Nous allons alors vivre l’ère des visas pour les personnes et pour le commerce.

Travaillons pour retrouver l’esprit de « l’entente cordiale »  et des rapports Churchill-de Gaulle.