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Le Brexit : des débats difficiles face à une Europe désunie qui récuse le budget européen de la période 2021-2027, alors que notre Cour des Comptes critique nos déficits.

La France est face à ses problèmes géopolitiques, économiques et sociaux. 

Le Brexit saison 2 a commencé par un duel entre Michel Barnier, le négociateur européen, et Boris Johnson. Il faut un accord avec Bruxelles pour que le Royaume-Uni puisse continuer à accéder au marché européen et à ses 450 millions de consommateurs. Les entreprises britanniques y ont un intérêt vital et elles craignent que Londres et Bruxelles ne trouvent pas d’accord. Or les positions sont diamétralement opposées.

Il est d’ailleurs probable que les efforts fournis cette année resteront insuffisants pour clore l’ensemble des contentieux opposant Londres à Bruxelles. «Tout ne sera pas fait» à la fin de l’année, a d’ores et déjà prévenu Michel Barnier, mais un «socle pour la future relation» doit être défini d’ici dix mois. La période de transition pourrait être prolongée d’un ou deux ans par Boris Johnson, a rappelé le négociateur européen, ajoutant que celui-ci «ne le veut pas»… du moins pour le moment.

Dans le domaine commercial, la situation s’annonce d’autant plus complexe que les Britanniques ont pour l’instant adopté les normes et règles européennes et que Londres souhaite en diverger et dérégulariser certains pans de son économie pour gagner en compétitivité ainsi qu’en attractivité à l’international. Or l’Union n’acceptera pas de voir le Royaume-Uni faire du dumping social ou fiscal, a averti Michel Barnier: «Boris Johnson connaît la règle du jeu: […] l’accès à nos marchés sera proportionnel à l’engagement pris par les Britanniques de respecter un certain nombre de règles, notamment en ce qui concerne les aides d’État aux entreprises, règles sociales ou environnementales», a-t-il expliqué. Le niveau des droits de douane et volumes importés sera donc fixé en fonction des négociations qui vont bientôt débuter entre les deux parties. «Nous ne serons pas naïfs», et seules des concessions de Londres permettront d’obtenir un «accord commercial très ambitieux».

Face au Brexit, l’Europe se présente désunie, car son budget pour la période 2021-2027, est récusé par quatre pays : Autriche, Danemark, Pays Bas, Suède. Ils présentent des budgets en excédent avec un faible endettement. Ce veto tombe mal pour la France dont le rapport de la Cour des Comptes critique une gestion trop laxiste à ses yeux. Le journaliste David Boéri évoque un « message cinglant » adressé mardi 25 février au gouvernement par la Cour : « Le déficit se réduit trop peu et trop lentement. Le redressement est même quasiment à l’arrêt. « Cette année, les prélèvements vont baisser d’une dizaine de milliards d’euros, de l’argent en moins dans les caisses, alors que du côté des dépenses, il n’y a toujours pas de vraies économies, le gouvernement ayant, de fait, renoncé à la réduction des effectifs dans la fonction publique. »

L’État est appelé à réagir urgemment : « La Cour des Compte calcule que si le déficit va effectivement repasser sous la barre des 3%, c’est essentiellement un artifice comptable, car le CIC ( le fameux crédit d’impôt), coûtera deux fois moins cher que l’an dernier. Le reste vient des taux d’intérêt très bas, qui mécaniquement font baisser le coût de la dette publique. La Cour recommande donc à l’État de ne pas repousser ses efforts l’an prochain : il doit retrouver des marges pour faire face à une récession ou à un choc », rajoute le journaliste.

Hélas le choc est arrivé avec le coronavirus  qui a fait plonger les bourses et crée une crise majeure en Chine. La panique est excessive et fait oublier le Brexit et l’Europe, alors que la France  reste avec ses problèmes et ses déficits : 80 milliards  de dépenses excessives, la question des retraites toujours en suspens, un malaise social calmé, mais toujours latent.

Lorsque le tocsin sonne, ne restons pas inerte et retrouvons les réflexes gaulliens qui nous permettent de participer au club des cinq grands.