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Crise du coronavirus, crise financière, crise économique, crise géopolitique, mais des signes d’espérance.

Retrouvez l’analyse géopolitique d’Hubert de Beaufort.

1- Le coronavirus.

« Le jour que tout le monde attend ne devrait plus être si loin que ça ». Devant la presse, Ding Xiangyang, secrétaire général adjoint du gouvernement chinois, veut croire que le plus dur est derrière son pays. Alors que l’Europe et le reste du monde voient la crise du coronavirus prendre une ampleur sans précédent, l’empire du Milieu semble lui voir le début de la fin de l’épidémie approcher.

Depuis plusieurs semaines, l’inversion de la courbe statistique est impressionnante dans le pays qui a vu moins de nouveaux cas apparaître.
Reprise des activités en cours. À Wuhan (centre), la ville de 11 millions d’habitants au cœur de l’épidémie, plusieurs signes laissent espérer une fin progressive des mesures de quarantaine imposées depuis le 23 janvier dernier. Témoin du recul de la maladie à Wuhan, 14 des 16 hôpitaux de campagne ouverts pour les patients contaminés ont été fermés, rapporte l’agence officielle Chine nouvelle. Ces établissements ont traité des milliers de patients installés dans des usines et  dans des installations sportives. La Chine ferme donc les hôpitaux de fortune, suite à la baisse de l’épidémie.

En revanche, l’épidémie s’est étendue au monde entier et, en Europe, l’Italie est la plus touchée. Le chef de l’exécutif, Giuseppe Conte, a étendu par décret à tout le pays les mesures exceptionnelles de confinement qui ne concernaient jusque-là que le Nord. Jusqu’au 3 avril ne seront possibles que les déplacements répondant à des  « impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d’urgence, pour des raisons de santé ». Les personnes présentant des symptômes d’affection respiratoire et de la fièvre sont incitées à rester chez elles. Le décret interdit « toute forme de rassemblement  dans des lieux publics ou ouverts au public ». L’Italie comptait, le mardi 10 mars, 463 morts et plus de 9 000 cas de coronavirus.                                                                                                      

La France s’attend à une extension de l’épidémie, mais semble maîtriser la situation et espère, comme la Chine,  à une épidémie saisonnière.

Les premiers essais cliniques pour un vaccin pourraient avoir lieu dans les six prochaines semaines. Il agit directement sur le virus pour empêcher sa multiplication   Le médicament, un antiviral du laboratoire américain Gilead, a déjà été utilisé pour soigner deux patients aux États-Unis et en France. L’équipe médicale ayant traité le patient en France à la mi-février avait alors qualifié le traitement, administré par voie intraveineuse, de « prometteur » car « il agit directement sur le virus pour empêcher sa multiplication ».

2- Les crises financières et économiques.

Au total, en une semaine, près de 6.000 milliards de dollars de capitalisation boursière ont été brûlés par les traders pris de panique : la croissance mondiale pourrait chuter à cause du coronavirus et déjà les grandes entreprises annoncent des résultats pour 2020 bien inférieurs à ceux anticipés fin 2019.

Mais la panique fera sûrement place à une phase de redressement, comme les entreprises en Chine qui ont repris leur activité, mais une activité ralentie. En Europe, nombre de pays, dont la France, attribuent et attribueront des fonds importants aux entreprises en difficulté. Il faudra aussi tenter de maintenir un minimum de croissance. Les déficits grimperont, mais c’est un moindre mal.

3- La crise géopolitique.

En quinze jours, les grandes entreprises cotées ont perdu le cinquième de leur valeur, soit des milliers de milliards d’euros partis en fumée. À qui la faute? À l’épidémie de coronavirus, bien entendu, mais pas seulement. La chute est largement imputable à l’Arabie saoudite. En décidant d’augmenter sa production de pétrole faute d’avoir trouver un accord avec l’inflexible Russie, la monarchie pétrolière a semé la  panique : le prix du baril a chuté de plus de 30% et plongé les Bourses dans la tempête.     Deux pays sont en outre asphyxiés : l’Iran et l’Algérie. Les Etats Unis se trouvent en difficulté avec leur gaz de schiste. On peut malgré tout penser que la diplomatie et le poids  de Washington trouveront une issue à la crise ?

Les crises sont mondiales, mais nous estimons qu’elles peuvent trouver, chacune, une solution dans les mois à venir à trois conditions : patience, objectivité, résolution.

Militons pour que les politiques y adhèrent.