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Coronavirus géopolitique : conséquences économiques et sociales

Médicalement, il semble pouvoir être dominé, mais ses conséquences économiques et sociales placent le monde et la France devant des défis redoutables. La France peut et doit se relever, mais avec des défis qui rappellent 1918 et 1945.       

            Nous avons déjà perdu 8 points de PIB soit près de 200 milliards d’euro et notre dette atteindrait 120 % du PIB contre 98 % actuellement. Secteurs principalement touchés : l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, l’aéronautique, l’automobile, le petit commerce. Conséquences sociales : un chômage passant de deux millions à quatre millions de personnes.

A court terme nos gouvernants paient le chômage partiel, mais en empruntant à tout va à la BCE d’une madame Lagarde rappelée à l’ordre par la Haute Cour allemande. Berlin, avec son budget en excédent, domine beaucoup mieux la crise que nous : non seulement ses hôpitaux étaient préparés, mais son industrie pèse le double de la nôtre et son endettement n’atteint que 60 % de leur PIB.

D’où provient le gouffre géopolitique qui se creuse  entre Paris et Berlin ? De notre démagogie qui fait aujourd’hui de la France la championne du monde des  dépenses publiques : elles représentent 56 % du PIB contre 44 % du PIB outre-Rhin. Ces 12 points de différence représentent 260 milliards d’euro, alors que notre budget est lourdement déficitaire ! Existe-t-il  une différence de service entre les deux pays ?

Oui, malheureusement, mais elle se situe à notre désavantage quand on constate malheureusement le manque de lits d’hôpitaux chez nous face à une large suffisance dans les hôpitaux allemands.

Chez tous nos voisins et alliés, la dépense publique est inférieure à 50 % : elle est de 42 % en Italie, de 38 % aux Etats Unis, avec une championne en  Corée du Sud avec 30 % !

L’OFCE a calculé que l’impact direct d’un mois de confinement pourrait conduire à une chute de la consommation effective des ménages de 18 %. Dans le détail, sur 17 branches étudiées, sept concentrent environ 80 % du choc, en particulier celles liées aux services de transports, à l’hébergement-restauration, à la construction et aux activités de loisirs.

« À l’opposé, sept branches devraient être peu impactées par le confinement actuel », note l’étude. Ce sont notamment celles de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire, de la consommation d’énergie pour l’habitation, des activités financières et d’assurance. Certaines peuvent même espérer tirer leur épingle du jeu comme les secteurs de l’informatique et de la communication.

Les Français doivent prendre conscience que le coronavirus a des conséquences économiques et sociales équivalentes à celles d’une guerre, car elle bouleverse non seulement la géopolitique mondiale, mais les équilibres politiques de certaines nations et  de leurs économies.

Analysons aujourd’hui le cas de la France et le triste pourquoi de premier mauvais élève mondial. Le PIB est constitué de quatre composants : l’agriculture, l’industrie, le PIB marchand et le PIB non marchand composé du secteur public. Ce dernier domine notre économie avec son poids politique. Or il ne produit pas de richesse mais vit grâce aux trois autres.

Souvenons-nous de la dernière guerre : Gamelin était tout puissant et majoritaire face à un de Gaulle marginal et minoritaire. Nous connaissons la suite…

L’Allemagne, la vaincue de 1945, est devenue le leader économique de l’Europe et nous sommes quémandeur auprès d’elle. Relevons-nous et retrouvons l’audace et la lucidité d’un de Gaulle. L’histoire a prouvé que nous en étions capables.