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L’Abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint André de L’Europe : « On ne peut rien faire si l’on ne s’aime pas d’abord soi-même »

Ce mardi 1er décembre 2020, Marie-Ange de Montesquieu s’interroge sur l’orgueil avec ses invités : l’Abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint André de l’Europe, et le coach mental Christophe Bourgois-Costantini, auteur de  “vous êtes 10 fois plus intelligents que vous ne l’imaginez”. Où trace-t-on la ligne entre l’orgueil et la fierté ?

Fierté et orgueil sont-ils de la même nature ?
Fierté et orgueil sont- ils de la même nature ? C’était la question du jour dans En quête de sens.

Et si l’orgueil était le péché de notre époque ? Sur les réseaux sociaux, il faut être irréprochable, à la limite de la perfection. Il y a le besoin de parler de soi, d’être vu et regardé. Cela ne pose pas de problème si la personne est dans une démarche dans laquelle elle se connaît, et elle peut présenter qui elle est sans en rajouter. Cependant, pour beaucoup de personnes, ce besoin cache une faille narcissique, c’est-à-dire un besoin d’être rassuré et challengé.

Au micro de Marie-Ange de Montesquieu, l’Abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint André de l’Europe, et le coach mental Christophe Bourgois-Costantini, différencient orgueil et fierté. D’un côté, il y a l’orgueil indépendant du regard que les autres pose sur nous. S’il n’est pas le plus dangereux, il permet à d’autres péchés de se développer comme la jalousie par exemple. De l’autre, il y a la fierté qui intervient dans le rapport qu’une personne a avec elle-même. La fierté est même quelque chose à travailler car elle peut permettre de s’aimer, et s’accepter. Elle est presque l’ordre du vital.

Aujourd’hui, prêtres et coachs mentaux traquent les failles narcissiques qui poussent les personnes à faire quelque chose pour prouver autre chose. Chez les catholiques, il y a cette idée de surjouer la mère Teresa. En s’occupant des problèmes des autres tout le temps, non seulement il y a une volonté de passer pour « une bonne personne » aux yeux des autres, mais il s’agit aussi d’un moyen de se sauver de soi-même.

« À quoi ça sert les coachs et les prêtres aujourd’hui ? ça sert à récupérer les morceaux de tous ces jeunes qui se lancent dans la vie adulte sans être confirmés dans leur identité, sans être en possession de cette vertu de l’acceptation de soi qui est la base de tout le reste, et de l’assertivité. L’assertivité, c’est lorsque je peux prendre des initiatives et m’engager car je suis confirmé dans une saine conscience et estime de moi », résume l’Abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint André de L’Europe. En clair, la personne la plus importante, c’est moi-même, et c’est seulement quand les personnes comprennent cela, s’aiment, qu’elles sont réellement capables d’aider les autres.