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Nicolas Baverez : « ce sont les Français qui sauveront le pays, pas l’Etat ! »

Le Grand Témoin – A l’heure du déconfinement, comment relancer l’économie de la France pour éviter une crise encore plus grave ? Nicolas Baverez, économiste, historien et essayiste, répond aux questions d’Yves Delafoy.

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« La caractéristique de ces grandes crises, c’est que ce sont des machines à accélérer les transformations, mais aussi les écarts entre les individus, les entreprises et la Nations », souligne Nicolas Baverez. La France ? C’est une « démocatie effondrée », dit-il, au sein d’une Europe marginalisée, alors que la puissance est redistribuée entre les Etats-Unis et la Chine.

« C’est un moment-clé pour la France… Déclassée, elle pourrait rejoindre les pays du sud »

L’économiste l’affirme : en sortie de crise Covid-19, « la France sera dans la positon de l’Italie avant la crise ». C’est donc pour lui, un moment-clé : « soit nous arrivons très vite à faire repartir le pays, mais cela suppose des transformations très fortes, soit nous n’arriverons pas à tenir l’unité de la zone Euro ».

« Dans ce choc planétaire de la pandémie, l’Europe représente 60 % des décès »

La France n’a donc pas le droit à l’erreur. D’autant qu’elle fait partie de ce monde occidental qui a eu du mal à gérer les crises successives : attentats terroristes, guerres perdues, le krach de 2008, les difficultés des démocraties développées à gérer le capitalisme mondialisé,… « L’Allemagne, la Suisse, la Suède ont, elles, fait montre d’une bonne résilience », explique Nicolas Baverez.

Concernant l’économie, « la France est le pays le plus touché », affirme l’historien. « Sur les libertés, nous sommes le seul pays à avoir créé une loi d’exception, l’état d’urgence… En matière de civisme, la police est là pour protéger l’Etat et pas du tout les citoyens », ajoute-t-il, « un million d’amendes ont été émises dans des conditions d’arbitraire complet ». Pour Nicolas Baverez, nous sommes dans « une espèce de parenthèse démocratique ».

« Il faut se remettre à faire confiance à l’économie et à la société »

Faire confiance à chacun, à l’image « des soignants qui se sont réappropriés l’hôpital contre les bureaucrates », souligne Nicolas Baverez. « Ce sont les Français qui sauveront le pays, pas l’Etat !… On ne gère bien les crises qu’avec les citoyens et donc avec la liberté politique », répète l’économiste.  La relance ? Elle doit d’abord se faire par une remise en route rapide de l’économie française. « On ne va pas changer de modèle en claquant des doigts ! », lance Nicolas Baverez. Cela veut dire plus de flexivbilté du travail pour rattraper le temps perdu, plus de souplesse laissée aux entreprises pour s’ajuster, une bonne utilisation de l’argent public. « Il va falloir bouger le modèle », dit-il, « sur les technologies, on est en retard, il va falloir aussi verdir notre économie et améliorer la résilience de la Nation ». Attention cependant à ne pas tomber dans certaines tentations, conclut Nicolas Baverez : « la tentation du protectionnisme, l’idée que le dette est illimitée et l’augmentation des impôts ».