le direct Musique sacrée

TousAntiCovid : que contient la nouvelle mouture de l’application StopCovid ?

Avec 41.622 nouveaux cas de Covid-19 enregistrés en 24 heures, soit 15.000 de plus que la veille, la situation continue de se dégrader en France. Le gouvernement mise donc sur cette nouvelle version de StopCovid qui avait été téléchargée par seulement 2,6 millions de fois depuis le début juin.

illustration of the new French mobile phone application " Tous Anti-Covid ", developed to track people who have tested positive for Coronavirus (COVID-19) is displayed on a smartphone screen on October 22, 2020 in Paris, France. The new application of the French government, deployed on Thursday, should help fight the Covid-19 pandemic in France by identifying contact cases and alerting people who have been in close contact with people diagnosed with Covid-19 positive, in Paris, France on October 22, 2020. Photo by Jerome Domine/ABACAPRESS.COM | 745753_005
Photo by Jerome Domine/ABACAPRESS.COM | 745753_005

L’application de traçage de contact StopCovid, controversée, très peu utilisée et peu promue par le gouvernement depuis sa sortie le 2 juin, est relancée sous une nouvelle forme jeudi, la reprise de l’épidémie ayant convaincu l’exécutif de son utilité potentielle. Rebaptisée TousAntiCovid, l’application garde strictement « le même moteur », selon ses promoteurs.

Améliorations de forme et de contenu éditorial

Sa fonction reste bien d’avertir ses utilisateurs lorsque ceux-ci ont croisé dans les deux dernières semaines, à moins d’un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur contaminé par le coronavirus – et qui l’a déclaré dans le système. En revanche, l’application fait l’objet d’améliorations de forme et de contenu éditorial, pour être rendue plus attractive pour les internautes.

« On est passé d’une application qui ne disait rien à l’utilisateur, à une application qui commence à parler à l’utilisateur », expliquait jeudi l’un des hauts fonctionnaires qui a participé à l’élaboration de la nouvelle version. L’application propose ainsi en temps réel un fil d’actualités sur l’épidémie, des chiffres permettant de mesurer la propagation de celle-ci, ainsi que des chiffres sur l’utilisation de l’application afin de créer un effet d’entraînement et de motivation.

Des liens renvoient vers différents sites d’informations officiels sur l’épidémie, comme santepubliquefrance.fr, mesconseilscovid.santé.gouv.fr, ou geodes.santepubliquefrance.fr (informations sur l’épidémie par régions). D’après le gouvernement, 2,7 millions de personnes s’étaient enregistrées sur StopCovid, 13.000 utilisateurs ont fait part de leur contamination, et plus de 800 personnes ont été notifiées comme étant à risque.

Un minimum de 30% d’utilisateurs pour être efficace

Mais malgré ces chiffres très faibles, l’application a déjà fait la preuve de son utilité sur un plan sanitaire, estiment ses promoteurs. Dans la soirée jeudi, le téléchargement de la nouvelle version de l’application rencontrait des difficultés: « #TousAntiCovid est vraisemblablement victime de très (trop) nombreuses tentatives d’activation simultanées. Nous sommes en train de régler le problème. La mobilisation continue », a écrit Cédric O dans un Tweet.

Pour Vittoria Colizza, de l’Inserm, les statistiques de StopCovid ces dernières semaines montrent bien que l’application a permis de réduire la transmission du virus, et que cette capacité peut se démultiplier si elle est massivement téléchargée. « Avec une adoption autour de 30% » de la population, « on pourrait arriver » à réduire « de plus d’un tiers » la transmission du virus autour des cas contact notifiés par l’application, a-t-elle affirmé.

TousAntiCovid, un geste barrière au même titre que le masque

Le gouvernement a profité de ce nouveau départ pour mettre à jour ses estimations sur le coût de l’application : 196.000 euros par mois depuis son lancement en juin. Il estime les coûts de développement de l’application à 2,5 millions d’euros, mais ceux-ci ont été pris en charge directement par les institutions et entreprises participantes, et n’ont pas été facturés à l’Etat. TousAntiCovid va désormais être référencée dans toute la communication officielle sur le coronavirus comme un geste barrière, au même titre que le port du masque, la distanciation physique ou l’aération des pièces. Mais la décision de l’utiliser ou non appartient aux individus et à eux seuls, aucune institution, entreprises, commerce, restaurant… n’ayant le droit de l’exiger.

Avec AFP