le direct Musique sacrée

Radio Notre Dame en confinement, mode d’emploi

Vous avez été nombreux à nous demander comment la radio continue de fonctionner en cette période troublée. Nous vous apportons quelques éléments de réponse. 

On a coutume de dire que, comme New York, la radio ne dort jamais. Or, vous avez peut-être vu les images de “la grosse pomme” endormie ces derniers jours, elles sont dignes d’un film de science fiction. Nous n’irions pas jusque là pour parler de la rédaction de Radio Notre Dame. Disons que comme tout lieu d’accueil au public, celui-ci ressemble plus à un hall de gare aux premières heures du jour. Son effectif qui avoisine habituellement les trente personnes a été réduit à seulement sept personnes, moitié journalistes, moitié techniciens. 

 

Aussi le télétravail a été plébiscité par la direction autant que faire se peut, comme l’explique Alain Baron, “Dès les premiers jours du confinement, nous avons essayé de mettre en télétravail tout ceux qui pouvaient l’être (service administratifs, web principalement), assistants d’émission… Les seuls qui sont tenus d’être là sont les techniciens et journalistes à l’antenne”. Selon le format du média (radio, télévision, presse écrite) et ses contraintes techniques, le télétravail est plus ou moins possible. “Certains sont à 100 % en télétravail, d’autres demandent à leurs éditeurs et secrétaires de rédaction de venir au siège pour finaliser les contenus. L’impératif du travail à distance est d’autant plus grand que se sont multipliées les newsrooms (« salle de rédaction », ndlr) où les journalistes exercent tous, très rapprochés, sur un même espace ouvert”, analyse Jean-Marie Charon, sociologue des médias, dans un article d’Alternatives Economiques. Si la priorité reste d’informer, tous les médias sont confrontés à une seule et même réalité : produire du contenu avec les moyens du bord, en réduisant drastiquement les reportages et les plateaux, en supprimant certaines rubriques qui par défaut ne sont plus alimentés à cause du coronavirus (sport ou culture par exemple). 

 

Une grille des programmes entièrement repensée

Côté radio, toute la grille des programmes habituels a donc été repensée. D’une part pour correspondre à l’actualité brûlante de cette période de confinement et d’épidémie de coronavirus, et d’autre part pour permettre d’absorber les nouvelles contraintes techniques : “On a donné comme consigne à tous les journalistes de ne plus faire venir les invités en plateau, plus personne ne vient en studio, tout se fait par téléphone”, précise Alain Baron, secrétaire général de la rédaction. Il ne faut pas cacher que ce n’est pas très facile, nous devons composer l’absence physique de certains journalistes et techniciens. Il a fallu s’adapter rapidement, c’est une réelle gymnastique”. 

 

Par ailleurs, le nouveau programme s’est vu greffer de nouvelles émissions : “En Quarantaine avec Radio Notre Dame”, “Vu sur le web”, de nouvelles chroniques et diffuse deux fois par jour la messe. La radio continue ainsi de vous accompagner chaque jour de 5h à minuit en continu. Cette diffusion non-stop est essentielle lorsque l’on sait à quel point notre média recrée une connexion, même ténue, avec le monde extérieur pour beaucoup d’auditeurs. La radio, à travers deux de ses émissions, « En Quête de Sens » et « Ecoute dans la nuit », a souhaité renforcer l’interactivité et étendre votre espace d’expression  “Mon émission est en effet fondée sur l’interaction avec les auditeurs, je dois chaque soir trouver le bon équilibre dans les questions que je leur adresse, afin d’avoir des interventions à la fois de qualité et suffisamment nombreuses”, détaille Louis-Auxile Maillard, animateur de l’émission Écoute dans la nuit. 

 

Etre plus présent sur le web

Au web, le confinement a été l’occasion pour toute son équipe d’accélérer ce qu’on appelle la digitalisation des contenus. Plus d’articles, plus de publications et d’interactions sur les réseaux sociaux : voilà les nouveaux objectifs. Nos trois journalistes confinées à leur domicile se sont elles aussi adaptées et ont remplacé leurs réunions physiques par des vidéos-conférence et de longues discussions Whatsapp. 

Quant à l’ambiance au sein de la radio, celle-ci est à l’image d’une France entière terrée mais solidaire : “C’est très étrange. A la fois nous nous méfions de tout et de chacun, et à la fois nous comptons plus que jamais les uns sur les autres”, constate Louis-Auxile Maillard.

Radio Notre Dame en confinement