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Natasha St Pier : « Après Thérèse, j’ai eu envie de me tourner vers la Vierge »

Deux ans après son album « Aimer c’est tout donner », consacré à Sainte Thérèse de Lisieux, Natasha St Pier revient avec « Croire », un disque qui confirme le tournant spirituel pris par la chanteuse depuis plusieurs années.

Cover CROIRE 2 (1)
Est-ce qu’aujourd’hui, avec ce nouvel album, vous êtes arrivée à une maturité spirituelle ?
Le 1er album sur Thérèse m’a permis de voir que l’on pouvait chanter sa spiritualité, avoir une carrière et exister en tant qu’artiste. Je me suis aperçue que mon métier, c’est de divertir les gens, j’adore ça. J’aurais pu le faire en étant clown. Moi j’ai décidé de le faire en chantant avec des mélodies et des textes. Pourquoi pas aller plus loin que du simple divertissement, et faire quelque chose qui touche les gens et donc leur spiritualité.

C’est donner du sens à ce que vous vivez de pouvoir le chanter ?  

Je pense que c’est donner du sens à ce que je chante de pouvoir parler de ce que je vis.

 

« Croire » est écrit par Thomas Pouzin, membre du groupe de pop-louange Glorious. Vous aviez des exigences sur les thèmes abordés dans l’album ? Est-ce que vous lui avez dit, je veux parler de maternité, d’amour, de lumière ?  

On avait une ligne conductrice. Initialement c’était Marie et on s’est aperçu rapidement qu’on débordait parce qu’en parlant de Marie, on voulait parler de maternité et parler des femmes. Donc de la maternité dans toute sa globalité. On parle de Mère Teresa, qui n’a pas eu d’enfants à proprement parler mais qui a été une mère pour tellement de personnes. On est à une période ou l’on vente énormément l’égalité des sexes. Je trouve ça génial mais je pense que les femmes ont une spécificité, la force tranquille qui allie à la fois douceur et abnégation. J’avais envie de parler de ça parce que je trouve cela beau et parce que c’est ce que Marie m’inspire avec cette fameuse phrase, « Marie méditait ces choses en son cœur ».

 

Cette intimité avec la Vierge Marie, elle s’est développée quand vous êtes devenue maman ? 

Elle s’est développée en approfondissant mes lectures sur Thérèse parce que Thérèse parle beaucoup de sa relation avec la Vierge. Au départ, je parlais dans mes prières à Thérèse et avec le temps, j’ai eu envie de me tourner vers la Vierge. Voilà sûrement que cet album arrive dans ce cheminement.

 

Vous commencez l’album, par cet hommage à Mère Teresa avec ce titre « Sois ma lumière », vous y parlez d’amour, de foi, de lumière, est ce que ce n’est pas un peu has been pour notre époque ?

Ça peut être « has been » dans la façon de le présenter !  Quand on ne sait pas, on a envie de ringardiser. Les chrétiens écoutent aussi de la musique « normale », ils vont regarder des émissions de télévision normales et ils ont peut-être aussi envie de voir les artistes, qu’ils entendent, chanter des textes qui font sens pour eux si ça fait sens pour la personne qui chante aussi.

 

Nos collègues d’Aleteia, vous demandait en juillet 2018 si vous ne craigniez pas d’être cataloguée comme une chanteuse chrétienne et d’être définie uniquement ainsi. A cette époque, vous leur aviez répondu : « c’est un risque et en même temps, le jeu en vaut la chandelle ». Ce registre musical continue à vous rendre heureuse ? 

Ça continue à me rendre heureuse. J’ai l’impression d’avoir un pied dans les deux mondes, dans un monde où la musique n’a pas nécessairement de sens spirituel et un autre monde dans lequel la spiritualité est l’essence même de cette musique. On l’a fait pour notre spiritualité. En fondant ces deux univers, ça devient moi ! Je suis un mélange de tout cela. Pour avoir une belle chanson, il ne me suffit pas d’avoir un texte formidable. J’ai aussi besoin que la musique me touche. Et une musique qui me touche aujourd’hui, mais avec un texte qui ne me parle plus, ne me touchera pas. Donc j’ai vraiment besoin de la jonction des deux univers.