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Michael Lonsdale : « je suis né un 24 mai, le jour de la Pentecôte »

Il était une voix, une stature, une foi… L’acteur « Des hommes et des Dieux », de « Baisers volés » ou encore du film « Le nom de la rose », s’est éteint à son domicile ce 21 septembre 2020. Comédien inclassable, il était venu nombre de fois témoigner à l’antenne de Radio Notre Dame.

Il était venu en tant que Grand Témoin sur notre antenne en 2008. L’occasion de redécouvrir le portrait d’un acteur unique à la foi très ancrée. 

Une mère française, un père anglais officier de l’Armée des Indes, c’est à Paris, en 1931, que Michael Lonsdale voit le jour. Mais c’est à Londres puis au Maroc qu’il grandit. Le Maroc où, durant les années 39-45, il décrouvre son amour de la peinture. Le premier choc pour lui, c’est la découverte des aquarelles de Cézanne. A 10 ans, il ne va pas beaucoup à l’école, mais commence à dessiner. Le voilà donc embarqué sur le chemin de l’art. Embarqué aussi sur le chemin de la foi.

Radio Notre Dame · Michael Lonsdale : « Je n’aime pas la symétrie »

 

« Ma mère était catholique, mon père protestant, tous deux non pratiquants », racontait Michael Lonsdale, « ils me disaient toujours que je ferais ce que je voudrais plus tard, je n’ai donc pas été baptisé ». Pourtant, dès le plus jeune âge, il est attiré par le spirituel. A 12 ans, il rencontre des adventistes. A 18 ans, un mystique musulman : « Il a été le premier à me parler de philosophie et de Dieu de façon impressionnante », se souvenait Michael Lonsdale. En 1949, le jeune homme arrive en France. A l’école d’art sacré, il fait la connaissance d’un prêtre dominicain. « J’étais en recherche, je ressentais de nombreux appels ». Arrive alors la rencontre décisive avec une femme aveugle, très croyante. « Ça a été un coup de foudre », avouait Michael Lonsdale, « par la suite, cette femme est devenue ma marraine ». 1952 : l’étudiant découvre le théâtre et commence à suivre le cours d’art dramatique de Tania Balachova. Il a 24 ans lorsqu’il monte pour la première fois sur les planches. Un an plus tard, premier rôle au cinéma aux côtés de Gérard Oury. Le début de sa carrière : des films d’auteur avec Jean-Pierre Mocky, des seconds rôles de notables bourgeois, en passant par la nouvelle vague et les films de Truffaut. A la fin, des années 70, changement de registre : Michael Lonsdale prête sa voix grave et unique aux grosses productions internationales. En 79, il est le milliardaire Hugo Drax, le méchant dans le James Bond Moonraker. En 81, il joue dans Les Chariots de feu. En 86, dans Le Nom de la Rose.

Radio Notre Dame · Michael Lonsdale : « Ce n’est pas un personnage, ce sont des voix »

L’acteur refuse de s’enfermer dans un personnage, il préserve le mystère, le secret qui l’entoure. Dans les années 90, Michael Lonsdale se lance dans la mise en scène de textes, comme « Marie Madeleine », des frères Martineau. Sans oublier la peinture : il expose régulièrement ses toiles à Paris. Le comédien le savait, un métier rempli de tentations : la gloire, la vanité, l’argent… « Tout dépend de la manière dont on mène sa vie », répondait Michael Lonsdale, pour qui foi et art ont toujours été inséparables. « Les artistes sont les témoins de l’invisible », disait-il, « l’art permet à chacun des dépasser les clichés de la vie et la foi nous amène à bousculer les habitudes… C’est une découverte de l’infini précieux qu’est l’être humain ». Michael Lonsdale qui ne cachait pas son attachement à l’Esprit Saint. « Il joue un rôle énorme dans ma vie, je le sollicite et je me mets à sa disposition… Sans doute parce que je suis né un 24 mai, le jour de la Pentecôte ».

Radio Notre Dame · Michel Lonsdale : « Je ne suis engagé que d’une chose, c’est la liberté »