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Mgr Eric de Moulins-Beaufort demande une « jauge réaliste » du nombre de personnes autorisées dans les églises

Mardi 24 novembre 2020, Emmanuel Macron a annoncé les conditions de la première phase du déconfinement. Dès le 28 novembre 2020, les lieux de culte pourront rouvrir avec un nombre limité à 30 personnes pour les célébrations, une jauge jugée peu réaliste pour la Conférence des évêques de France.

Mgr Éric de Moulin-Beaufort, auxiliary bishop of Paris, at Our Lady's cathedral for the vigil for life in Paris (Île-de-France, France).
Mgr Éric de Moulin-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, souhaite revoir la jauge autorisée par le gouvernement pour les célébrations religieuses.

Dans un communiqué, la Conférence des évêques de France a exprimé son « incompréhension quant au nombre de 30 personnes autorisées à assister à une célébration publique ». Si Emmanuel Macron a bien évoqué la réouverture des lieux de cultes dès le samedi 28 novembre 2020, la limite imposée semble « peu réaliste » et soulève de nombreuses questions d’organisation.

À la suite de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, a téléphoné directement au Président de la République afin de revenir sur le nombre de personnes autorisées aux offices. Le communiqué précise : « Il ressort qu’une jauge réaliste, tout en restant stricte, sera définie d’ici jeudi matin pour une mise en application en deux étapes : samedi 28 novembre puis après la réévaluation du 15 décembre. »

Plusieurs membres de l’Église catholique ont exprimé leur colère vis-à-vis de la décision du gouvernement. Mgr Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, déplore dans un communiqué «  qu’aucun compte ne soit tenu du sérieux avec lequel les paroisses ont mis en place un accueil sûr depuis le déconfinement, tant pour les activités paroissiales que pour les célébrations publiques ». Il réclame « une jauge qui soit proportionnée à l’espace de nos églises (de l’ordre de 1/3) dès cette fin de semaine, pour le premier dimanche de l’Avent », ainsi que « des facultés plus larges pour les messes de Noël. » De son côté, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, réagit au micro de Radio Notre-Dame : » il faut arrêter de nous infantiliser, jusqu’à présent nous avons été extrêmement loyal envers les autorités légitimes comme St Pierre et St Paul nous le demandent, mais là ça va trop loin. On ne nous prend pas au sérieux. »

La réouverture des lieux de culte était très attendue des catholiques qui manifestent depuis plusieurs semaines leur mécontentement quant à l’absence de messes depuis début novembre.