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Les évêques à la reconquête du monde rural

Pour la troisième fois, l’Eglise sera présente au Salon international de l’agriculture qui se tiendra du samedi 22 février au dimanche 1er mars 2020. Une délégation d’évêques y discutera écologie et ouverture au monde rural.

C’est un rendez-vous que ne raterait pour rien au monde le gratin de la politique française. Le Salon de l’Agriculture attire chaque année près de 700 000 visiteurs durant une semaine, avec parmi eux son ballet d’officiels. Il n’y a pourtant pas que l’écharpe d’élu ou de Miss France qui déambule au milieu des allées du parc des expositions de Paris. Des cols romains font désormais aussi partie des habitués. Depuis 2016, une délégation d’évêques se rend en visite au salon de l’Agriculture. Cette année, quinze évêques se sont donné rendez-vous lundi 24 février afin de rencontrer des agriculteurs à travers plusieurs de leurs organisations (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, la Confédération paysanne). « Depuis plusieurs années, nous prenons la mesure des évolutions du monde rural et du monde agricole. En ce domaine, les défis sont importants à relever« , a ainsi déclaré ce mardi Mgr Jacques Habert, évêque de Séez et accompagnateur de la mission en monde rural de la CEF.

Parler agriculture, c’est parler écologie

Par cette présence, l’Eglise souhaite ainsi rappeler son engagement à suivre les mutations de la société dans sa globalité. La question de l’écologie, chère au pape François à travers l’encyclique Laudato Si en est une. Prendre la mesure du monde agricole et rural nécessite donc d’inclure le champ de l’environnement. « Les questions d’écologie intégrale portées par beaucoup de nos contemporains croisent en effet bien des intuitions profondes de la vie chrétienne et de la révélation« , a souligné Mgr Jacques Habert. L’évêque de Séez en sait d’ailleurs quelque chose. Dépêché dans l’un des diocèses les plus ruraux de France dans le département de l’Orne, le prélat a placé son magistère sous le signe de l’ouverture au monde rural. « La réforme territoriale est un des grands axes de notre travail. A mon arrivée, le diocèse comptait trente-trois paroisses qui réunissaient déjà bien des communes. Aujourd’hui nous fonctionnons toujours avec trente-et-une paroisses mais désormais regroupées en dix pôles missionnaires composés de deux à six paroisses. » Cette recomposition permet de faire face à une réalité du monde rural aujourd’hui : la diminution du nombre de prêtres et la fragilisation de certains lieux.

Les évêques en missions pastorales

Pour mieux saisir les difficultés propres à ces territoires, des visites pastorales sont organisées. Dans son diocèse, Mgr Jacques Habert s’est rendu pendant un an dans des fermes, dans des entreprises, dans des maisons familiales. Résultat, les « gens ont été honorés que l’évêque se déplace, les écoute et s’intéresse à ce qu’ils font. » A la fin de l’année 2019, un autre évêque s’était mis sur les routes de campagne. Il s’agit de Mgr Centène, évêque de Vannes dont la visite pastorale s’est déroulée du 1er au 15 décembre dans le pays de Pontivy : « Le projet s’oriente vers un observatoire du monde rural pour que l’église ne soit pas à côté des préoccupations des hommes et des femmes du monde rural. (…) L’idée serait aussi de créer des petits pôles de pastorale jeune pour rejoindre les jeunes qui ne sont pas à Pontivy« a-t-il détaillé lors de son compte-rendu de visite pastorale.

Plus largement, des « rencontres nationales du rural » seront organisées les 24, 25 et 26 avril 2020 à Chateauneu-de-Galaure par la Conférence des évêques de France. Cet événement initié par une quarantaine d’évêques lors de l’assemblée plénière de Lourdes en novembre 2017 a pour but de faire évoluer le débat et le partage d’expériences en matière d’écologie en milieu rural.